Un journaliste israélien qui aurait été cité par le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conversation avec un magnat des médias a été convoqué mercredi par la police pour être interrogé.

Avi Ratzon, commentateur sportif et animateur radio, est arrivé mercredi matin au siège de l’unité anti-corruption Lahav 433 de la police israélienne.

Son nom a été mentionné dans des enregistrements, censés être secrets, de conversations entre Netanyahu et Arnon Moses, propriétaire et éditeur de Yedioth Ahronoth, en tant que potentiel journaliste pro-Netanyahu pour Yedioth.

Les enregistrements d’un accord présumé de contrepartie entre Netanyahu et Moses, dans lequel le Premier ministre aurait promis de proposer une législation qui aurait réduit la distribution du quotidien gratuit pro-Netanyahu Israël Hayom en échange d’une couverture plus favorable du Yedioth de Moses.

Dans un extrait de ces enregistrements diffusés pendant le week-end par la Deuxième chaîne, Moses dit à Netanyahu : « donne moi quelqu’un qui peut écrire des articles à partir de demain. Dès demain matin, lié à rien, avant [que nous passions] la loi. Avant tout, j’essaie de te démontrer ma bonne volonté. Apporte-moi quelqu’un. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le rédacteur en chef du Yedioth Ahronoth, Arnon Moses. (Crédit image composée : Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le rédacteur en chef du Yedioth Ahronoth, Arnon Moses. (Crédit image composée : Flash90)

Netanyahu répond : « Prends ce type. Le joueur de foot, Avi Ratzon. »

Moses exprime son désaccord devant cette proposition, poussant Netanyahu à dire : « qu’est-ce que ça peut te faire ? »

La police devrait demander à Ratzon s’il a jamais été contacté par Netanyahu ou Yedioth pour travailler pour le quotidien, et s’il lui a été demandé d’écrire positivement sur le Premier ministre.

Mardi, le rédacteur en chef d’Israël Hayom, Amos Regev, avait lui aussi témoigné pour l’unité Lahav 433.

Amos Regev, rédacteur en chef du quotidien Israël Hayom, avant son interrogatoire pour "l'Affaire 2000", devant les locaux de l'unité Lahav 433, à Lod, le 17 janvier 2017. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Amos Regev, rédacteur en chef du quotidien Israël Hayom, avant son interrogatoire pour « l’Affaire 2000 », devant les locaux de l’unité Lahav 433, à Lod, le 17 janvier 2017. (Crédit : Roy Alima/Flash90)