Un journaliste gazaoui a été enlevé durant plusieurs heures et battu par des hommes non identifiés qui se sont présentés comme appartenant à l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), a indiqué mercredi à l’AFP un proche du reporter.

« Le journaliste Mohammed al-Mghayar a été transporté mardi soir à l’hôpital Chifa de Gaza. Il a été soigné pour des contusions aux jambes et est ressorti de l’hôpital mercredi matin », a confirmé à l’AFP une source médicale.

Mghayar, journaliste freelance récemment devenu conseiller auprès de la représentation néerlandaise en Cisjordanie, s’est refusé à tout commentaire, confirmant seulement avoir été « kidnappé et agressé », sans plus de détail.

« Mohammed a été kidnappé vers 08H00 du matin près de son domicile à Gaza », a expliqué ce proche qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat. Ses ravisseurs –qui ont « affirmé appartenir à l’organisation Etat islamique »– « lui ont recouvert la tête, lié les mains avec des menottes en métal et l’ont emmené en voiture vers un lieu inconnu où ils l’ont retenu pendant près de huit heures », a-t-il ajouté.

« Ils lui ont demandé des informations personnelles et sur la nature de son travail pour la représentation néerlandaise. Ils l’ont aussi frappé aux jambes », a-t-il poursuivi.

La représentation néerlandaise auprès de l’Autorité palestinienne, contactée par l’AFP, a refusé de commenter l’information dans l’immédiat.

Depuis plusieurs mois, des revendications d’attaques et des communiqués signés de l’Etat islamique-Gouvernorat de Gaza ont été publiés. Il y a trois jours, un tel texte avait été diffusé à Gaza, mettant en garde « les journalistes qui diffusent des informations mensongères sur l’Etat islamique ». La plupart des textes ont été dénoncés comme des faux sur les forums djihadistes.

Aucun mouvement gazaoui n’a fait allégeance jusqu’ici à l’EI, assurent les experts mais plusieurs connaisseurs du territoire s’alarment du danger d’une perte progressive de contrôle et d’une montée en puissance de radicaux de plus en plus actifs et même visibles depuis la guerre de l’été 2014. L’un de ces observateurs évoque la possibilité que des groupes cherchent un adoubement par l’EI.

La capacité d’assurer la sécurité des intérêts étrangers dans la bande de Gaza est une question très sensible pour le Hamas, toujours de fait au pouvoir.

Ainsi, mercredi, alors que Mghayar a déposé plainte auprès de la police à Gaza, le ministère de l’Intérieur du Hamas a affirmé dans un communiqué qu' »aussitôt après cette agression, les forces de sécurité ont lancé une enquête pour savoir qui se trouve derrière cette attaque et poursuivre les auteurs de ce crime ».

Ahmed Youssef, un cadre du Hamas qui s’est rendu au chevet de Mghayar, a souligné auprès de l’AFP que le mouvement islamiste « ne permettra pas qu’on s’attaque à des personnes et surtout pas aux journalistes et aux employés des institutions étrangères ».