Un journaliste iranien, envoyé pour couvrir les négociations sur le nucléaire à Lausanne (Suisse), a fait défection ce week-end.

Amir Hossein Motaghi, qui a contribué à l’élection du président Hassan Rouhani en étant son assistant personnel lors de l’élection iranienne, a demandé aux autorités suisses de lui accorder l’asile politique.

Montaghi s’est exprimé dans une émission de la chaîne d’opposition iranienne qui émet depuis Londres. Il dit notamment que son métier de journaliste n’a plus aucun sens puisqu’il ne peut écrire que ce qu’on lui dicte.

Selon le journal britannique The Telegraph, Motaghi a également sévèrement critiqué le rôle joué par les Américains dans les négociations, affirmant que Washington a tenté de convaincre les autres membres du groupe des grandes puissances « P5+1 » (Etats-Unis, Angleterre, France, Russie, Chine et Allemagne) d’accepter le point de vue de l’Iran.

« L’équipe de négociation des États-Unis est principalement là pour parler au nom de l’Iran avec les autres membres du P5+1 et les convaincre d’un accord », a déclaré Montaghi.

Il aurait quitté son emploi à l’Association des correspondants d’Iran.

« Il y a un certain nombre de personnes qui sont aux côtés de la partie iranienne lors des négociations que l’on dit être des journalistes enquêtant sur les négociations » a-t-il également dit à la télévision Irane Farda.

Hassan Rouhani (Crédit : AFP/ATTA KENARE)

Hassan Rouhani (Crédit : AFP/ATTA KENARE)

« Mais ils ne sont pas journalistes et leur mission principale est de s’assurer que toutes les nouvelles renvoyées en Iran passent par leurs canaux, » a-t-il ajouté au The Telegraph.

L’Iran et le P5+1 mènent des négociations marathon à Lausanne pour parvenir à un accord au sujet de la surveillance des activités nucléaires de l’Iran en échange d’une levée des sanctions internationales.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a rencontré son homologue iranien, Javad Zarif, pas moins de huit fois la semaine dernière. Kerry a annulé sa participation à un événement à Boston afin de poursuivre les négociations.

La date limite pour parvenir à un accord-cadre avec l’Iran est fixée au 31 mars. Un accord détaillé doit être élaboré d’ici la fin juin.