Le journaliste de droite Hagai Huberman a déclaré lundi qu’il examinait la possibilité de présenter ses excuses à une veuve d’un soldat israélien qu’il a tenu responsable de la mort de son propre mari, mais a aussi insisté sur le fait qu’il s’en tiendrait « au contenu » de ce qu’il a dit.

Dans son article intitulé « Elle tue son mari et pleure maintenant qu’elle est une veuve », le correspondant d’Israel National News Huberman s’en est pris à Michal Kastan Kedar, dont le mari est décédé pendant l’opération Bordure protectrice à Gaza l’été dernier, et qui a prononcé un discours lors d’un rassemblement de la gauche à Tel Aviv samedi soir.

Interviewé par la Deuxième chaîne lundi, Huberman a expliqué qu’il « examinerait l’option de lui présenter ses excuses ». Il a précisé qu’il avait paraphrasé un proverbe connu mais dont personne n’a relevé le lien et ont interprété ses mots au pied de la lettre.

Le dicton auquel il fait référence est : « la définition d’un audacieux est un homme qui tue ses parents et qui demande ensuite de l’aumône parce qu’il est orphelin ».

La conclusion de son édito accusait Kastant kedar « d’avoir tué son mari et de pleurer maintenant qu’elle est veuve ».

Selon son raisonnement, insiste-t-il, la gauche emmène Israël sur une voie qui entraînera plus de guerres et il y aura donc plus de veuves.

« En gros, ce que j’ai dit c’est que les circonstances équivalent à des victimes, se défend-t-il. Elle a évoqué le retour à une procédure diplomatique. La procédure diplomatique signifie céder des terres. Céder des terres équivaut à des victimes. L’Histoire le prouve. »

Le mari de Kedar, le lieutenant-colonel Dolev Kedar, a été tué au cours d’une bataille avec le Hamas pendant l’opération Bordure protectrice de l’été dernier.

Lors d’un discours prononcé devant des milliers de personnes, Kedar a exhorté Israël à faire plus d’efforts pour parvenir à un accord de paix. « Nous ne pouvons pas constamment parler de l’Iran et fermer les yeux sur la vendetta avec les Palestiniens, qui nous fait verser tant de sang « , a-t-elle déclaré.

« Chère Michal Kedar, a répondu Huberman dans un article paru dans le journal de dimanche. Vous avez perdu votre mari, perdu l’espoir d’avoir une vie meilleure et différente et cela parce qu’il y a 10 ans, il y a eu des personnes qui ont écouté des opinions similaires, qui ont suivi l’opinion de généraux vieillissants, comme ceux [de l’ancien chef du Mossad] Meir Dagan qui vous a accompagné sur cette tribune. »

Si Israël ne s’était pas retiré de la bande de Gaza en 2005, a fait valoir Huberman, le mari de Kedar n’aurait pas été tué.

Les commentaires d’Huberman ont été critiqués par une grande partie de la presse israélienne.

Kedar, à qui on a demandé de commenter cet article, a affirmé au site d’informations Walla que ces commentaires « illustrent la bassesse de l’auteur ».

Répondant à la critique, Huberman souligne que la présence de Kedar à un rassemblement électoral – où elle a plaidé pour un changement politique – l’a fait légitimement entrer dans le débat public.