Un magasin de Jéricho interdit aux « chiens et aux Américains »
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Un magasin de Jéricho interdit aux « chiens et aux Américains »

Un responsable de l'armée israélienne exprime son "choc" et compare cette méthode à l'Allemagne nazie. Pour le propriétaire palestinien, il s'agit d'une réponse à la reconnaissance de Jérusalem

Des enfants palestiniens reviennent de l'école dans le village de Cisjordanie d'Ouja, près de Jéricho, le 14 novembre 2013 (Crédit : Meital Cohen/FLASH90)
Des enfants palestiniens reviennent de l'école dans le village de Cisjordanie d'Ouja, près de Jéricho, le 14 novembre 2013 (Crédit : Meital Cohen/FLASH90)

Un commerçant palestinien a placé à l’entrée de sa boutique un panneau indiquant que « les chiens et les Américains ne sont pas autorisés à entrer » en signe de protestation contre la décision prise par le président Donald Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël, la semaine dernière.

Dans une interview accordée à la Dixième chaîne, le propriétaire de ce magasin d’appareils ménagers du camp de réfugiés d’Aqbat Jaber dans la vallée du Jourdain a fulminé contre la décision prise par le président américain.

« Il n’a pas le droit de prendre une telle décision. Al-Quds [Jérusalem] est la capitale de la Palestine », a-t-il dit.

Le propriétaire de l’établissement a indiqué à la Dixième chaîne que la décision de mettre ce panneau n’avait pas été prise pour des raisons racistes.

« Ce sont les Américains qui ont choisi Trump et donc, pour moi, ils se trouvent dans la même catégorie et ils doivent payer le prix de cette décision », a-t-il ajouté.

Le général de division Yoav Mordechai, coordinateur des Activités gouvernementales dans les territoires, a condamné ce panneau dans un post paru sur Facebook jeudi soir et publié en arabe.

« Nous sommes choqués. D’abord en tant que peuple et, en second lieu, en tant que Juifs qui nous souvenons que des panneaux similaires nous désignant avaient été accrochés dans l’Allemagne nazie des années 1930 », a écrit Mordechai. « Vous n’en comprenez pas la gravité ? C’est une preuve supplémentaire des incitations palestiniennes qui nous rappellent une période sombre ».

Dans un discours prononcé mercredi depuis la Maison Blanche, Trump a défié les avertissements lancés dans le monde entier et a insisté sur le fait qu’après des échecs répétés de réalisation de la paix, une nouvelle approche était depuis longtemps nécessaire, qualifiant sa décision de reconnaître Jérusalem comme le siège du gouvernement israélien de simple reflet de la réalité.

Cette initiative a été saluée par Netanyahu et par les leaders d’une grande partie de l’échiquier politique au sein de l’Etat juif.

Trump a indiqué qu’il ne spécifiait pas quelles étaient les frontières de la souveraineté israélienne à Jérusalem, appelant à ce que le statu-quo dans les Lieux saints de la ville soit maintenu.

Cette décision a également entraîné la colère des Palestiniens, qui ont considéré qu’elle représentait une fin de non-recevoir offerte à leurs revendications de Jérusalem-Est comme capitale de leur future état. Ils ont appelé à des manifestations et à des « jours de rage », et les chefs du Hamas ont également demandé le lancement d’une nouvelle intifada – ou soulèvement.

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