Le maire de la ville hollandaise de Baarle-Nassau a déclaré ne « pas être amusé » par la nouvelle selon laquelle le Premier ministre Benjamin Netanyahu étudiait les arrangements frontaliers complexes entre la Belgique et les Pays-Bas.

En effet, Netanyahu cherche à savoir si ces arrangements pourraient servir de précédent juridique pour que les habitants des implantations juives restent dans un futur Etat palestinien.

« Peut-être suis-je le seul, mais cela paraît comme un poisson d’avril. Je pense que c’est une insulte aux victimes de ce conflit, » a déclaré le maire Vincent Braam à la chaîne néerlandophone Omroep Brabant, mardi.

« Je me demande si c’est une histoire vraie. Nous sommes un village calme et pacifique, au sud des Pays-Bas. Il me semble que nos situations ne sont pas comparables. »

L’homologue de Braams, du côté belge de la frontière, le maire Leo Van Tilburg de Baarle-Hertog, a fait part de ses sentiments, plus optimistes.

« Nous sommes flattés qu’ils aient entendu parlé de Baarle-Nassau et de Baarle-Hertog au Moyen Orient, mais la situation est en effet très différente ici, » a-t-il déclaré.

« Nous ne nous promenons pas avec des grenades à la main et ne jetons pas de pierres, mais ce serait bien sûr positif si notre modèle pouvait contribuer à une solution au Moyen Orient. Même dans une faible mesure. »

Selon un reportage de la Deuxième chaîne, diffusé dimanche soir, le Premier ministre a chargé le secrétaire du Cabinet Avichai Mandelblit d’étudier les arrangements en vigueur dans les zones belge Baarle-Hertog et hollandaise Baarle-Nassau.

Ces arrangements complexes sont le résultat de plusieurs traités médiévaux, d’échanges et de ventes de terrain, ainsi que d’autres accords.

Mandelblit est chargé de savoir si ces arrangements constituent un précédent juridique viable pour un accord similaire, selon lequel les implantations juives pourraient rester dans un État palestinien.

Prendre exemple sur les accords belgo-hollandais, décrits comme les arrangements « les plus compliqués » au monde, était l’une des « nombreuses idées » de Netanyahu.

Selon le journaliste de la Deuxième chaîne, Udi Segal, Netanyahu aurait présenté l’idée lors d’une réunion. Le Conseil de sécurité national aurait ensuite écrit un rapport sur les aspects pratiques et les précédents juridiques.

Le Cabinet du Premier ministre n’a pas confirmé, mais l’idée semble refléter l’état d’esprit de Netanyahu lors de ses interviews ce week-end.

Dans son interview avec la Deuxième chaîne, diffusée samedi, Netanyahu a affirmé que le gouvernement israélien ne forcerait pas les habitants des implantations en Cisjordanie à quitter leurs domiciles, même dans le cadre d’un accord de paix permanent.

L’équipe de Times of Israel a contribué à cet article.