Un médecin américain qui travaillait dans un hôpital de campagne israélien soignant les blessés syriens sur le plateau du Golan a été légèrement blessé dans la nuit de mardi suite à des tirs qui ont éclaté de l’autre côté de la frontière en direction de la structure médicale.

L’armée a fait savoir qu’elle enquêtait sur « la possibilité que l’incident ait pour origine des balles perdues ».

« Il y a quelques heures, des tirs ont éclaté en direction d’un hôpital de campagne qui fait partie de l’opération Bon voisin dans le sud du plateau du Golan, adjacent à la frontière du côté syrien », selon l’unité du porte-parole de l’armée israélienne. « En résultat, un membre étranger du personnel a été légèrement blessé et a été pris en charge sur les lieux ».

Israël est resté très largement à l’écart de la guerre civile syrienne qui a éclaté au mois de mars 2011 mais reconnaît depuis plusieurs années aider à soigner les Syriens qui arrivent à sa frontière et leur apporter une aide humanitaire.

Au mois de juillet, l’arme a révélé que, depuis 2016, elle avait travaillé dans le cadre de l’opération ‘Bon voisin’ – une opération d’aide humanitaire aux multiples facettes – qui vise à empêcher que ne s’installe la famine chez les milliers de Syriens qui habitent le long de la frontière et pour fournir des traitements médicaux à ceux qui ne peuvent y accéder en Syrie à cause de la guerre.

Sur cette photo non datée transmise le 19 juillet 2017, des soldats de l'armée israélienne soignent un blessé syrien dans la zone du plateau du Golan (porte-parole de l'armée)

Sur cette photo non datée transmise le 19 juillet 2017, des soldats de l’armée israélienne soignent un blessé syrien dans la zone du plateau du Golan (porte-parole de l’armée)

Dans l’année qui a suivi le lancement de l’opération, plus de 600 enfants syriens, accompagnés de leurs mères, sont venus en Israël pour y être pris en charge au niveau médical. Des centaines de tonnes de produits alimentaires, d’équipements médicaux et de vêtements ont également traversé la frontière avec la Syrie, portant clairement les marques en hébreu d’entreprises israéliennes.

L’armée facilite également actuellement la construction de deux cliniques en Syrie qui seront dirigées par des locaux, avec des employés d’ONG. Un projet qui inclut une coordination logistique et l’envoi de matériaux de construction et d’équipements médicaux, selon les militaires.

Le plateau du Golan syrien enfumé après des frappes pendant la guerre civile qui déchire le pays, vu du côté israélien de la frontière, le 24 juin 2017. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Le plateau du Golan syrien enfumé après des frappes pendant la guerre civile qui déchire le pays, vu du côté israélien de la frontière, le 24 juin 2017. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Les combats en Syrie ont entraîné un certain nombre d’incidents au cours des années, résultant en tirs égarés d’armes à feu ou de mortier vers le plateau israélien du Golan. Israël riposte habituellement contre les tirs de mortier sur son territoire en frappant des cibles de l’armée syrienne, qu’elle tient pour responsable de l’ensemble de ces retombées, indépendamment de leur origine.

Le mois dernier, Israël a utilisé un missile Patriot pour abattre un drone lancé par le Hezbollah et des avions chasseurs avaient été délégués dans la zone où l’engin devait pénétrer dans l’espace aérien d’Israël. L’Etat juif n’a finalement pas été obligé d’utiliser ces derniers, le missile intercepteur étant parvenu à abattre la cible.