Josef Schuster, un médecin de 60 ans né en Israël, a été élu dimanche à Francfort pour quatre ans à la tête du Conseil central des Juifs d’Allemagne, a annoncé l’institution dans un communiqué.

Schuster était depuis 2010 vice-président du Conseil, qui regroupe 108 communautés et représente environ 100 000 personnes.

Il succède à Dieter Graumann, élu en 2010 et qui avait annoncé fin octobre qu’il n’entendait pas solliciter de second mandat.

A l’image de son prédécesseur, dont il a salué l’engagement et « l’inépuisable créativité », Schuster est né après la Deuxième Guerre mondiale et n’a donc pas connu la Shoah.

« La communauté juive fait partie de la société », a-t-il insisté après son élection, rendant hommage aux communautés juives d’Allemagne qui constituent « nos fondations ».

Il a également indiqué que, chaque fois que cela s’avérerait nécessaire, il s’élèverait contre l’antisémitisme et la xénophobie.

Dans sa nouvelle fonction, Schuster « va sûrement donner une nouvelle impulsion » aux communautés juives d’Allemagne, a salué la chancelière Angela Merkel, citée par son porte-parole dans un communiqué.

La chancelière a également rendu hommage à son travail en faveur de l’intégration des Juifs issus de l’ex-URSS.

A la chute du Mur de Berlin en 1989, la communauté juive en Allemagne ne comptait qu’environ 30.000 personnes, soit vingt fois moins qu’avant 1933. Aujourd’hui quelque 200.000 Juifs vivent en Allemagne.

De très nombreux Juifs sont venus des anciennes républiques soviétiques, profitant d’une loi qui leur accorde automatiquement la citoyenneté allemande.

Josef Schuster est né en mars 1954 à Haïfa, en Israël. Deux ans plus tard, ses parents ont regagné l’Allemagne.

« Mon père, qui a été interné au camp de concentration de Dachau et à Buchenwald, avait le don d’aller vers les gens sans aucun préjugé », avait expliqué M. Schuster à la presse allemande en début d’année. Il avait la main tendue vers la réconciliation, a-t-il dit. « C’est ainsi que j’ai été élevé ».

Médecin, il est installé à Wurzbourg (Bavière, sud) où il préside depuis 1998 communauté cultuelle israélite de la ville.

Marié, il est père de deux enfants.