Le manque de sommeil n’engendre pas seulement un comportement grincheux et un manque de patience. Il est relié à des maladies de toutes sortes, de la crise cardiaque au diabète en passant par l’obésité, la dépression, la folie, et même la mort.

La technologie actuelle qui détermine les causes de l’insomnie met en jeu un grand nombre de capteurs, machines, et beaucoup de fils.

Le plus facile, disent les chercheurs de l’Université Ben Gourion, est d’utiliser une nouvelle technique qu’ils ont inventée, dispensée par un appareil de polysomnographie (PSG) et d’autres machines coûteuses et compliquées qui diagnostiquent l’insomnie.

Au lieu de cela, un petit appareil doté d’un micro – peut-être, à l’avenir, même d’un smartphone – peut, en utilisant le système d’analyse sonore de respiration (BSA) développé par l’université Ben Gourion, aider à déterminer les causes du manque de sommeil.

L’un des principaux objectifs de la médecine du sommeil d’aujourd’hui est d’améliorer le diagnostic et le traitement du grand nombre de gens qui connaissent des troubles du sommeil, explique le professeur Yaniv Zigel Ph.D., chef du laboratoire de recherche au Département de génie biomédical de l’Université Ben Gourion.

« Nous avons développé un algorithme d’analyse de respiration sonore qui fournit une estimation fiable de toute une nuit de sommeil et détecte la qualité du sommeil, la gravité du ronflement et de l’apnée obstructive du sommeil (AOS). Il peut réduire le coût et la gestion des troubles du sommeil par rapport au traitement standard actuel (PSG), et peut être utilisé à la maison. »

Le laboratoire de recherche biomédicale Signal Processing a été créé en 2007 par Zigel. L’équipe du laboratoire est composée d’experts en traitement du signal physiologique et de reconnaissance des habitudes.

L’Unité d’étude et de diagnostic des troubles du sommeil a été créée en 1994 par le professeur Ariel Tarasiuk. L’équipe d’experts de l’unité évalue les troubles du sommeil chez les enfants et les adultes et travaille en collaboration avec des spécialistes des maladies respiratoires, en neurologie, ENT et en maladies gastro-intestinales.

Quand un patient ne peut dormir, ou souffre d’OSA – où la respiration est interrompue pendant le sommeil -, les médecins recommandent souvent une polysomnographie, qui implique de relier le patient à divers capteurs et machines qui mesurent la respiration, le rythme cardiaque, le degré de ronflement, la pression artérielle et d’autres données. Les tests se déroulent généralement dans un centre du sommeil, avec le patient attaché à des fils, des capteurs, des microphones et des machines pour expliquer leur trouble du sommeil.

Alors que la motivation d’un patient à passer des tests est élevée, au moins initialement, la routine peut devenir fatigante après une semaine. En outre, des tests dans un centre du sommeil peuvent ne pas tenir compte des facteurs environnementaux, ainsi, plusieurs séries de tests peuvent être nécessaires afin de tirer des conclusions.

Les tests, bien sûr, sont chers, car ils nécessitent un matériel coûteux, la présence d’une équipe pendant tout une nuit, une analyse et une évaluation. « Cette procédure est longue, fastidieuse et coûteuse en raison de la complexité et de la nécessité d’une expertise technique ; le marché aspire à une meilleure solution », explique Eliran Dafna, qui a mené cette étude dans le cadre de ses recherches de doctorat.

La nouvelle solution proposée par les chercheurs de Ben Gourion, dit Zigel, est beaucoup plus simple, plus facile et moins chère. Les chercheurs ont mesuré la respiration toute la nuit de sons provenant de 150 patients, utilisant deux microphones ambiants pour tester la méthode BSA ; en même temps, le PSG a été utilisé pour vérifier la qualité du sommeil des patients.

Les tests ont eu lieu dans un laboratoire du sommeil. 80 patients ont été testés, tandis que les 70 autres formaient un groupe de contrôle, utilisé pour développer des paramètres de qualité du sommeil qui pourraient ensuite être comparés aux résultats des tests PSG/BSA.

Les tests ont clairement montré que la BSA était, au minimum, un aussi bon indicateur que le PSG.

Et avec cela, la technologie BSA en est seulement à ses débuts, note Ariel Tarasiuk du Département de physiologie de Ben Gourion et responsable de l’Unité des troubles du sommeil au centre Soroka.

« Les résultats ont montré que l’activité de réveil/sommeil et les paramètres de qualité du sommeil ne peuvent être estimés de manière fiable qu’en utilisant une analyse de respiration sonore. Cette étude met en évidence le potentiel de cette approche novatrice pour mesurer le sommeil. »