Un militant des droits de l’Homme a été expulsé d’Egypte où il venait remettre une pétition réclamant l’annulation de la condamnation à la peine de mort de 529 islamistes, a indiqué à l’AFP un responsable du site de pétition Avaaz.

Wissam Tarif, membre d’Avaaz, a été « détenu, interrogé pendant plusieurs heures, son ordinateur a été confisqué et il a ensuite été expulsé depuis l’aéroport du Caire auquel on nous a refusé l’accès », a indiqué à l’AFP Sam Barratt, responsable de la communication du mouvement.

M. Tarif se rendait en Egypte pour remettre au mufti de la République, la plus haute autorité de l’islam, une pétition signée par plus d’un million de personnes, l’exhortant à s’opposer à la peine capitale prononcée le 24 mars à l’encontre de 529 partisans du président Mohamed Morsi destitué par l’armée début juillet, selon Avaaz.

Le mufti, chargé de valider la peine de mort, avait accordé une audience au militant qui disposait d’un visa, précise Avaaz, ajoutant qu’un imam qui devait l’accompagner a été « convoqué par la Sûreté de l’Etat et interrogé ».

Cité dans un communiqué du mouvement, M. Tarif affirme que l’Egypte « a essayé de faire taire un million de voix en m’expulsant, mais notre campagne pour sauver les 529 va désormais s’intensifier ».

Ces condamnations expéditives avaient déclenché les critiques de la communauté internationale et des défenseurs des droits de l’Homme qui dénoncent un verdict sans précédent dans l’histoire et une grave violation du droit des accusés à un procès équitable.

« Il existe de vraies menaces sécuritaires en Egypte, mais viser les partisans de l’islam politique et les expulser systématiquement du processus démocratique (…) pourrait alimenter l’extrémisme », a estimé Alice Jay, directrice de campagne d’Avaaz.