Le haut-responsable présumé d’un groupement islamiste qui a été récemment interdit a été interrogé pour la police mercredi, sur la base de soupçons d’incitations au terrorisme et à la violence, ainsi que pour apporter des éclaircissements sur son soutien à une organisation illégale.

L’enquête portant sur la Branche nord du Mouvement islamique menée par l’unité nationale de lutte contre les crimes Lahav 433 a été lancée avec l’approbation du bureau du procureur général, a expliqué la porte-parole de la police Luba Samri dans un communiqué.

Le militant non-identifié aurait exprimé son soutien à la Branche nord sur de multiples plateformes de réseaux sociaux depuis que l’organisation a été déclarée hors-la-loi l’année dernière, selon le même communiqué. Il aurait également ouvertement évoqué sa position au sein de l’organisation.

La police a expliqué que ses déclarations sur internet ainsi que la confirmation de son rôle au sein du mouvement s’apparentaient à de l’incitation [au terrorisme].

L’année dernière, Israël a interdit la Branche radicale nord du Mouvement islamique, l’accusant d’entretenir des liens avec des groupes terroristes et d’attiser la vague récente de violences qui a entraîné la mort de 36 Israéliens, de deux Américains et d’un ressortissant érythréen, assassinés lors d’une série d’attentats à l’arme blanche, à l’arme à feu et à la voiture bélier.

Quelques 238 Palestiniens, un Jordanien et un migrant soudanais ont également été tués, selon les chiffres de l’AFP, la majorité d’entre eux alors qu’ils commettaient des attaques, affirme Israël.

Après que le cabinet de sécurité avait déclaré le mouvement illégal au mois de septembre, le ministre de la Défense de l’époque, Moshe Yaalon, avait signé un décret interdisant toute activité en liaison avec le groupe.

Le dirigeant islamiste Raed Salah pendant une grande manifestation anti-gouvernementale à Sakhnin, le 13 octobre 2015. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Le dirigeant islamiste Raed Salah pendant une grande manifestation anti-gouvernementale à Sakhnin, le 13 octobre 2015. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Fondé dans les années 1970, le Mouvement islamique n’est pas seulement une organisation politique mais aussi un groupe de sensibilisation religieuse et un fournisseur d’aides sociales. L’objectif ultime du Mouvement est de rendre les Arabes israéliens musulmans plus religieux. Il doit sa popularité à l’offre de services qui manquent souvent au sein des communautés arabes en Israël.

Aujourd’hui, le groupe dirige des jardins d’enfants, des cliniques de santé, des mosquées et même une ligue sportive – parfois sous le même toit.

Le Mouvement a connu une scission il y a deux décennies. La branche sud, plus modérée, a commencé à présenter des candidats à la Knesset israélienne en 1996 et elle fait maintenant partie de la Liste arabe unie, alliance de plusieurs partis arabo-israéliens.

Trois des treize membres actuels de la Knesset qui appartiennent à la Liste arabe unie font partie de ce Mouvement. La branche plus radicale dite nord rejette toute légitimation du gouvernement israélien et a appelé ses adhérents à boycotter les élections.

Au mois de mai, cette année, le leader de la Branche nord Raed Salah a commencé à purger une peine de neuf mois de prison pour incitations à la violence et au racisme par le biais d’un sermon incendiaire qu’il avait fait en 2007 à Jérusalem.

Durant son sermon, Salah avait exprimé l’espoir que “les rues de Jérusalem soient purifiées par le sang des innocents, qui le laisseront couler afin de séparer de leurs âmes les soldats de l’occupation israélienne, également au sein de la Mosquée bénie d’Al-Aqsa ». Il avait ajouté que « notre moment de grâce sera lorsque nous rencontrerons Allah en tant que martyrs d’ Al-Aqsa.”