Le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel a accusé des partisans du pouvoir turc d’avoir menacé sa femme parce qu’ils se sont sentis encouragés par une sortie agressive du président Recep Tayyip Erdogan à son encontre.

Avec « la manière dont Monsieur Erdogan fait les choses, certains se sentent du coup clairement motivés pour harceler et tourmenter ma femme. Je trouve que c’est un évènement grave », a-t-il dit dans des propos diffusés mardi par la chaîne d’information allemande n-tv, expliquant qu’il s’agissait d’appels menaçants sans plus de précisions.

« Quand le sommet de l’Etat s’en prend à des personnes en particuliers, il y a malheureusement des gens qui considèrent qu’ils ont le droit de harceler », a-t-il dit aussi à l’agence DPA.

Gabriel se réfère à l’attaque très agressive et personnelle lancée par Erdogan en réaction aux accusations d’ingérence du gouvernement allemand.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, le 1er juillet 2017. (Crédit : Adem Altan/AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara, le 1er juillet 2017. (Crédit : Adem Altan/AFP)

Sigmar Gabriel « ne connaît aucune limite ! Qui es-tu pour parler au président de la Turquie ? […] Connais tes limites ! Il tente de nous faire la leçon […]. Depuis combien de temps fais-tu de la politique ? Quel âge as-tu ? », avait lâché Erdogan dans un discours télévisé.

L’Allemagne et la Turquie entretiennent des relations toujours plus tendues, en particulier depuis le putsch avorté de juillet 2016 en Turquie et les critiques allemandes sur les purges qui ont suivi. Ankara accuse ainsi Berlin de protéger des « terroristes ».

Erdogan a provoqué une nouvelle crise la semaine dernière, en appelant les électeurs germano-turcs à voter notamment contre le parti de la chancelière Angela Merkel, la CDU, et celui de Gabriel, le SPD, lors des législatives du 24 septembre.