Adnan al-Husseini, ministre des Affaires de Jérusalem de l’Autorité palestinienne (AP), a accusé dimanche Israël d’avoir profité de la fermeture de deux jours du mont du Temple pour chercher des moyens de creuser sous la mosquée Al-Aqsa.

L’accusation, dont l’ampleur est explosive, a été faite le jour de la réouverture du site par Israël après un attentat qui a tué vendredi deux policiers, et dans un contexte de fortes protestations après l’installation de détecteurs de métaux aux entrées du site. Les terroristes auraient utilisé des armes cachées sur le lieu saint pour l’attentat.

Husseini a affirmé que l’opération sécuritaire organisée sur le site pendant les deux jours de sa fermeture – pour la première fois depuis des décennies, le complexe était fermé aux fidèles musulmans un vendredi – était un prétexte à d’autres activités.

« Pendant que les forces de l’occupation ont fermé Al-Aqsa, elles sont descendues dans les puits par les escaliers. Je pense qu’elles cherchaient un moyen de continuer à creuser », a-t-il déclaré, selon un article du site d’information officiel de l’AP, Wafa.

Husseini n’a pas dit pourquoi il pensait qu’Israël voulait creuser sous la mosquée Al-Aqsa.

Adnan Husseini, au centre, responsable de l'Autorité palestinienne, pendant une conférence de presse à Jérusalem, le 10 janvier 2011. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Adnan Husseini, au centre, responsable de l’Autorité palestinienne, pendant une conférence de presse à Jérusalem, le 10 janvier 2011. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Il a cependant déjà tenu des propos similaires, et affirmé qu’Israël cherchait à prouver l’existence des Temples juifs antiques afin de faciliter la construction éventuelle d’un troisième temple à la place de la mosquée Al-Aqsa.

Une autre théorie du complot très répandue chez les Palestiniens et dans le monde arabe en général est qu’Israël creuse sous la mosquée pour détruire physiquement le lieu saint musulman.

« Les fouilles sont minutieuses pour respecter la dignité du mont du Temple. Malgré les plaintes du Mouvement islamique et d’associations palestiniennes, pas une seule fouille ne s’est faite sous le mont », a rapporté en 2016 le quotidien israélien Haaretz.

Depuis l’attentat de vendredi, des dirigeants palestiniens ont accusé Israël de « profiter » de l’acte terroriste pour prendre le contrôle du mont du Temple.

Mahmoud al-Aloul en janvier 2010. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Mahmoud al-Aloul en janvier 2010. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Mahmoud al-Aloul, vice-directeur du Fatah qui a rencontré dimanche Husseini et d’autres responsables de l’AP à Ramallah, a accusé Israël d’ « exploiter la récente opération à Jérusalem pour réaliser son projet de diviser dans le temps et dans l’espace la mosquée Al-Aqsa. »

Des responsables ont indiqué que des experts examineraient le lieu saint pour voir s’il avait été abîmé par Israël pendant la fermeture.

Ils ont « affirmé » que le statu quo sur le sensible complexe devait être maintenu et qu’aucun changement israélien, y compris pour des mesures de sécurité, ne pouvait être accepté. Les responsables ont exprimé leur opposition à l’installation de nouvelles mesures de sécurité, comme des détecteurs de métaux et des caméras, sur le mont du Temple.