Le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi a rencontré lundi deux ministres sud-africains à l’occasion de ce qui a été considéré comme un signe du réchauffement des relations entre Jérusalem et Pretoria.

A Johannesburg, Hanegbi a rencontré le ministre de l’Environnement Bomo Molewa et Jeffrey Radebe, ministre au sein du bureau du président Jacob Zuma. Ces deux personnalités sont des membres importants du Congrès National africain (ANC), le parti au pouvoir. Radebe est le membre le plus ancien du gouvernement actuel et avait déjà servi en 1994 sous le président d’alors, Nelson Mandela, immédiatement après la chute du régime d’apartheid dans le pays.

L’ANC est traditionnellement très critique d’Israël. L’Afrique du Sud a accueilli de hauts-responsables du Hamas et approuvé des opérations de boycott d’Israël.

« Le ministre Hanegbi est le premier ministre israélien à prendre part à des rencontres ministérielles en Afrique du sud au cours de ces cinq dernières années », a dit son bureau. « Durant ces réunions, les relations entre Israël et l’Afrique du sud et les perspectives de relance du processus de paix israélo-palestinien ont été évoquées ».

Au cours de son séjour à Johannesburg, Hanegbi (Likud) a également rencontré des chefs de la communauté juive locale.

Le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi, à gauche, avec Jeffrey Radebe, ministre du bureau du président sud-africain Jacob Zuma, le 6 novembre 2017 (Autorisation)

Au mois de septembre 2016, le directeur-général du ministère des Affaires étrangères de l’époque, Dore Gold, avait rencontré son homologue sud-africaine, Maite Nkoana-Mashabane, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

Au mois de décembre, la Conférence politique nationale de l’ANC désignera un nouveau leader en remplacement du président Zuma.

« La relation entre Israël et l’Afrique du sud se renforce », a indiqué le bureau de Hanegbi.

Mais la conférence pourrait également apporter son lot de mauvaises nouvelles pour les relations bilatérales.

Au mois de juillet, la commission des relations internationales de l’ANC a décidé de l’adoption, à la mi-décembre, d’un certain nombre de recommandations dans le cadre de la politique officielle du parti. Parmi ces dernières, la rétrogradation de l’ambassade d’Afrique du Sud à Ramat Gan, qui devrait devenir un simple « bureau d’intérêt ».

« La commission a appelé à la rétrogradation de l’ambassade sud-africaine en Israël pour envoyer un message fort concernant l’occupation illégale continue par Israël de la Palestine et les abus contre les droits de la population en Palestine », avait fait savoir le président de la commission des relations internationales à ce moment-là.

L’ambassadeur palestinien à Pretoria, Hashem Dajani, a approuvé ce plan le mois dernier. « Nous pensons qu’une telle initiative fera pression sur Israël pour que le pays mette un terme aux violations illégales des droits des Palestiniens, avec notamment l’expansion des implantations, et qu’elle offrira une atmosphère plus positive pour le lancement du processus politique qui mènera à la fin de l’occupation israélienne et à l’établissement d’un état palestinien indépendant », a-t-il écrit sur une page d’opinion publiée dans le Daily Maverick.

Les militants anti-israéliens d’Afrique du Sud ont également salué cette initiative, tandis que les responsables israéliens ont estimé qu’il s’agissait d’une recommandation politique qui pourrait bien ne jamais être mise en oeuvre par le gouvernement.

Le président de l’Afrique du Sud et du Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma, à Port Elizabeth, en Afrique du Sud, le 16 avril 2016. (Crédit : Michael Sheehan/AFP)

« C’est une victoire majeure pour les droits de l’Homme et pour la population palestinienne », avait expliqué une branche régionale de l’ANC.

« La résolution d’hier est la plus forte et la plus claire prise par l’ANC dans toute notre histoire de parti au pouvoir… Nous n’avons aucune illusion sur le fait qu’Israël et son lobby tenteront de faire pression sur l’ANC mais ce mouvement puissant restera ferme en faisant avancer les intérêts et la solidarité de notre peuple. Nous avertissons Israël de ne pas intervenir dans notre politique locale mais de construire plutôt une paix juste avec les Palestiniens », avait-elle ajouté.

L’ambassadeur israélien de l’époque à Pretoria, Arthur Lenk, avait souligné les effets négatifs d’une telle initiative pour l’Afrique du Sud.

« Toute décision de rétrograder l’ambassade sud-africaine en Israël n’aurait comme effet que de heurter les Sud-africains et n’aura absolument aucun impact sur Israël ou sur les Palestiniens », avait-il déclaré au mois de juillet au Times of Israel. « Une telle décision limiterait les opportunités de promotion des exportations sud-africaines, un élément qui est radicalement important pour la transformation socio-économique ou économique ».