Faisant face à une opposition grandissante à l’accord gazier à 15 milliards de dollars avec Israël, le ministre de l’Energie jordanien, Mohammed Hamed, a défendu sa proposition au Parlement mardi avent qu’elle ne soit soumise au vote.

Hamed a mis en garde les législateurs contre les conséquences de l’absence d’un tel accord. Il précise que les besoins énergétiques jordaniens pourraient être pris en otage par des groupes ou des gouvernements dans le futur.

Cette allocution intervient au moment où le mouvement local « Non à l’accord du gaz naturel d’Israël » gagne du terrain, avec 79 sur 150 parlementaires jordaniens qui s’opposent à cet accord. En s’opposant, ils souhaitent protester contre les affrontements entre les Israéliens et les Palestiniens à Jérusalem-Est, où la Jordanie avait, une époque, de l’influence.

Israël et le royaume hachémite ont signé un protocole d’accord en septembre qui définit les conditions sur lesquelles Israël fournirait du gaz naturel de son réservoir Léviathan à la Jordanie sur une période de 15 ans.

Le gaz serait acheminé par le biais d’un pipeline et, selon le Financial Times, permettrait à la Jordanie de diminuer ses coûts énergétiques de 1,4 milliard de dollars.

Les militants visent régulièrement les pipelines gaziers installés entre Israël, la Jordanie et l’Egypte ces dernières années, poussant Amman a trouvé des solutions alternatives pour ses importations de gaz naturel.

Les importations d’énergie de la Jordanie ont été interrompues de nombreuses fois. La dernière en date fut en octobre lorsqu’un pipeline entre la Jordanie et l’Egypte a été attaqué dans la péninsule du Sinaï.

Cependant, les tensions accrues à Jérusalem causées par les craintes d’un changement du statu quo au mont du Temple ont entrainé la détérioration des relations bilatérales entre Israël et la Jordanie et de nombreuses manifestations dans tout le royaume. Tout cela met en péril la coopération économique entre les deux pays.