Le ministre palestinien de la Santé Jawad Awad a été forcé mardi par des manifestants en colère de quitter de la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas et bombardée par Israël, ont rapporté des témoins.

Arrivée depuis l’Egypte au point de passage frontalier de Rafah, le cortège du ministre a été accueilli par des jets d’œufs et de chaussures et a rebroussé chemin, annulant un déplacement prévu dans l’hôpital Chifa de la ville de Gaza.

Devant l’hôpital, d’autres manifestants en colère attendaient le ministre, dénonçant l’inaction du gouvernement d’union auquel il appartient et basé en Cisjordanie occupée par Israël.

« Gaza a été bombardée, Gaza a été détruite et c’est maintenant qu’il vient ! », s’est emporté un protestataire interrogé par l’AFP, Ahmed Mourtaja, en référence aux bombardements israéliens qui ont fait près de 200 morts en une semaine.

Signe de la colère des habitants de Gaza contre les autorités de Ramallah, certains scandaient aussi « Abou Mazen (le président palestinien, Mahmoud Abbas) est un collaborateur » d’Israël.

Le ministère palestinien de la Santé a condamné « une agression flagrante et brutale » contre le ministre et sa délégation, mais a assuré qu’il restait « aux côtés de notre peuple à Gaza ».

L’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dirigée par M. Abbas, et le Hamas ont signé le 23 avril un accord de réconciliation pour mettre fin à la division politique depuis 2007 entre la Cisjordanie, dont l’Autorité palestinienne administre les zones autonomes, et la bande de Gaza dirigée par le mouvement islamiste et sous blocus israélien.

Cet accord a débouché sur un gouvernement de « consensus national » composé de personnalités indépendantes et soutenu par le Hamas, mais les tensions entre les deux partenaires restent vives.

Un dirigeant du Hamas en exil au Caire, Moussa Abou Marzouk, a cependant qualifié d' »irresponsable » l’agression contre le convoi du ministre.