Le ministre saoudien des Affaires étrangères a dénoncé lundi des « déclarations agressives » émanant de responsables iraniens, après que Téhéran a accusé Bahreïn, allié de Ryad, d’exacerber les tensions en portant des accusations infondées contre Téhéran.

« Ceci est inacceptable pour nous », a déclaré Adel al-Jubeir lors d’une conférence de presse à Ryad avec Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l’Union européenne.

Dimanche, la porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Marzieh Afkham, avait accusé Bahreïn de porter des accusations « infondées » contre Téhéran afin de « créer un climat de tension dans la région ».

Le gouvernement bahreïni avait peu avant annoncé l’arrestation de deux hommes accusés d’avoir tenté d’importer clandestinement des armes d’Iran.

« Cela ne relève pas des intentions propres à un pays cherchant à développer de bonnes relations », a estimé M. Jubeir à propos des déclarations iraniennes.

« Ces déclarations montent en puissance et il y en a beaucoup », s’est-il inquiété, deux semaines après la signature d’un accord historique entre l’Iran et les grandes puissances encadrant le programme nucléaire controversé de Téhéran.

En visite au Koweït dimanche, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, avait lui aussi rejeté comme « infondées » les affirmations de Bahreïn.

« Je le dis ouvertement : les affirmations (de Bahreïn) sont totalement fausses », a-t-il ajouté, accusant Manama de vouloir « empêcher tout progrès dans la coopération entre l’Iran et les autres pays du Golfe. »

Bahreïn accuse l’Iran de soutenir le mouvement de contestation mené par la majorité chiite qui réclame depuis 2011 des réformes politiques à la monarchie sunnite, notamment une véritable monarchie constitutionnelle.