Une monumentale inscription romaine portant le nom de l’empereur Hadrien a fait surface à Jérusalem lors de fouilles ; elle a été présentée au public mardi par l’Autorité des Antiquités d’Israël.

La dalle de calcaire massive, d’environ un mètre de large, avec un texte latin inscrit sur six lignes et des lettres de plusieurs pouces de haut, faisait partie d’une arche monumentale dédiée à l’empereur en 130, en l’honneur de l’arrivée d’Hadrien.

C’est l’une des quelques rares inscriptions latines trouvées à Jérusalem de cette époque. Elle met aussi en lumière la chronologie de la reconstruction de Jérusalem après sa destruction par Rome en 70, démontrant qu’elle était déjà en grande partie reconstruite 60 ans plus tard seulement.

« A l’Imperator Caesar Augustus Traianus Hadrien, le fils du divin Traianus Parthicus, petit-fils du divin Nerva, grand-prêtre, revêtu de la puissance tribunitienne pour la 14e fois, consul pour la troisième fois, père de la patrie [consacré par] la 10ème légion Fretensis Antoniniana »… peut-on lire.

La 10ème légion Fretensis, – en garnison dans la ville en ruines de Jérusalem après la première révolte est également connue pour sa participation dans le siège de Massada, – a dédié le monument à Hadrien avant sa visite historique.

Deux ans après la visite d’Hadrien, et après que l’arche monumentale ait été érigée, la province de Palestine a témoigné d’une seconde insurrection juive contre Rome connue comme la révolte de Bar Kochba.

Roye Greenwald assiste à la découverte d'une inscription romaine à Jérusalem (Crédit : Moti Tufeld)

Roye Greenwald assiste à la découverte d’une inscription romaine à Jérusalem (Crédit : Moti Tufeld)

« C’est une découverte extraordinaire d’une énorme importance historique, » a déclaré l’archéologue Rina Avner, qui a dirigé les fouilles. « Une trouvaille de ce genre, c’est une fois dans une vie, voire jamais ».

Parlant devant le siège de l’Autorité des Antiquités au Musée Rockefeller, à Jérusalem-Est, Avner explique que son équipe avait trouvé la dalle de pierre lors des fouilles d’un site de construction sur la route de Naplouse. Ils ont découvert une citerne byzantine et ont été surpris de trouver l’inscription romaine, le point culminant de leur recherche.

« Cela nous donne une date exacte pour la construction officielle de la ville, » a déclaré Avner. « Et cela indique que les projets de construction officiels de la ville, au moins deux ans avant la révolte de Bar Kochba, étaient monumentaux. »

En 130, seulement 60 ans après la destruction de Jérusalem par Titus, la ville avait ses routes principales, ses places, ses temples et ses monuments, selon elle.

Avner Ecker, un étudiant au doctorat à l’Université hébraïque de Jérusalem, a pris part au déchiffrement de l’inscription.

« Les inscriptions latines sont très standardisées, une fois que vous les connaissez, ce n’est pas trop difficile de reconstruire ce que cela signifie, » a-t-il suggéré, ajoutant qu’il était « ému » d’assister à la découverte d’une telle inscription de première main.

Des arcs avec des inscriptions monumentales similaires ont été trouvés dans d’autres villes, dans la partie orientale de l’empire en l’honneur de l’arrivée d’Hadrien, dont l’un à Gerasa, en Jordanie, mais écrit en grec.

Une des pierres est actuellement exposée à l’église de la Flagellation dans la Vieille Ville de Jérusalem.

Une inscription romaine trouvée à Jérusalem par l'Autorité des Antiquités d'Israël. (Crédit : Moti Tufeld)

Une inscription romaine trouvée à Jérusalem par l’Autorité des Antiquités d’Israël. (Crédit : Moti Tufeld)

Une question que la pierre ne résout pas, cependant, est le nom de la ville, qui a été changé par Hadrien en Aelia Capitolina. Les chercheurs discutent pour savoir si cela a eu lieu avant la révolte de Bar Kochba en 132, ou après qu’elle ait été écrasée.

« Cela laisse ouvertes toutes les discussions sur les limites de Aelia Capitolina, leur emplacement, le changement de nom et le statut de la ville, mais malheureusement, cela ne nous donne pas de date exacte sur l’activité officielle de la construction dans la ville avant la révolte, » assure-t-elle.

D’autres monuments romains doivent sans doute se trouver encore profondément sous les bâtiments de la route de Naplouse, estime-t-elle.

Avner espère que l’Autorité des Antiquités proposera bientôt des répliques des inscriptions afin que l’ensemble monumental soit réuni pour le public.