Un haut fonctionnaire de l’Organisation de libération de la Palestine a accusé Mahmoud Abbas de porter atteinte volontairement à la proposition de l’Autorité palestinienne aux Nations unies d’établir un calendrier pour un retrait israélien de la Cisjordanie, qualifiant la conduite politique du président de l’AP de « dictatoriale ».

Les minutes d’une rencontre entre Yasser Abed Rabbo, ancien négociateur et secrétaire du Comité exécutif de l’OLP, et la responsable du comité Hanna Amira le 26 novembre, ont été divulguées samedi par l’agence de presse Safa, basée à Gaza.

La réunion met au jour l’animosité entre Abbas et Abbed Rabbo, qui aurait été relevé de ses fonctions par le président de l’Autorité palestinienne au début du mois.

Selon Abed Rabbo, Abbas s’empresse de soumettre le projet de résolution palestinien au Conseil de sécurité des Nations unies, sans même obtenir les neuf voix nécessaires à son adoption, rendant ainsi un veto américain inutile. Le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat a déclaré dimanche que la proposition palestinienne serait soumise à l’ONU lundi.

« Il ne veut pas embarrasser l’Amérique », aurait affirmé Abed Rabbo sur Abbas. Le président, a-t-il ajouté, ne comprend pas à quoi servira une nouvelle résolution de l’ONU après que le statut d’Etat observateur non-membre de l’organisme international gagné par les Palestiniens en novembre 2012.

« Nous avons déjà obtenu une décision beaucoup plus importante, à savoir la reconnaissance de la Palestine comme Etat observateur non-membre à l’ONU, » aurait dit Abbas, selon Abed Rabbo, « mais nous n’avons rien fait pour mettre en œuvre cette décision. »

Au cours des dernières semaines, Abbas a maintes fois parlé de l’impératif palestinien de se tourner vers l’ONU et d’autres instances internationales en l’absence d’un partenaire de paix israélien crédible. Abbas a déclaré à la Ligue arabe le 29 novembre qu’il se tournerait vers le Conseil de sécurité immédiatement « avec ou sans la bénédiction américaine ».

« Nous ne pouvons plus attendre ; le statu quo est intenable », a-t-il affirmé.

Dans les minutes divulguées, Abed Rabbo a également accusé Abbas de duplicité dans son recours à la Cour pénale internationale.

« Il est impossible pour lui de se tourner vers la CPI, et il n’entreprendra jamais de telle démarche », a déclaré le responsable de l’OLP, citant une promesse faite à Abbas par le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

Abed Rabbo a affirmé qu’Abbas avait rencontré secrètement avec le chef du Shin Bet, Yoram Cohen, qui lui a demandé d’apaiser la situation sécuritaire à Jérusalem en échange de mesures de confiance israéliennes. Une source proche d’Abbas a démenti dimanche que cette réunion ait jamais eu lieu, selon l’agence de presse Maan.

« Abu Mazen [Abbas] veut accorder tous les pouvoirs à ses copains, » a déclaré Abed Rabbo, affirmant qu’Abbas avait l’intention de remettre ses fonctions à Ramzi Khoury, directeur du Fonds national palestinien. « Il agit de façon dictatoriale, voulant contrôler tout ce qui concerne l’argent. »