Riche en fibres, facile à cultiver et considéré comme utile contre le diabète et le cholestérol, c’est un fruit, qui, selon Noam, peut aider à résoudre la faim dans le monde et les problèmes de santé globaux.

Il parle du sabra, un fruit épineux avec une peau piquante mais une chair douce et sucrée, qui pousse comme une mauvaise herbe et qui a prêté aux Israéliens leur surnom national, une fois revenus sur leur terre.

C’est un arbuste qui a été utilisé par diverses nations comme une clôture naturelle – les Australiens ont essayé pendant des années pour s’en débarrasser – ou comme ingrédient principal de frites de cactus. Ironie du sort, le sabr, comme on l’appelle en arabe, signifie patience et est le symbole de la lutte palestinienne non-violente.

Le mot hébreu pour la figue de Barbarie, sabra, vient du terme arabe, appris par des immigrants polonais quand ils ont découvert la plante pour la première fois.

Pour Blum, cependant, ce qui importe c’est la capacité de résistance du fruit. Il montre comment les fruits poussent sur les grandes feuilles plates de la plante, renaissant à chaque fois qu’il est coupé. Il montre ses six espèces de figuiers de Barbarie, chacun avec sa nuance de rouge, orange et rose, et tout est organique, car les insectes ne s’approchent pas du fruit épineux.

À la ferme, ils préparent les fruits en confitures et en chutneys épicés, et hachent les feuilles en lanières ressemblant à des haricots verts.

Il est en quelque sorte le pionnier de la figue de Barbarie.

Un repas à base de sabra. Les Blum recommandent fortement leurs smoothies de sabra, faits en mélangeant les fruits dans un mixeur ou de nourriture, pour solliciter les graines, et servir froid (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israël)

Un repas à base de sabra. Les Blum recommandent fortement leurs smoothies de sabra, faits en mélangeant les fruits dans un mixeur ou de nourriture, pour solliciter les graines, et servir froid (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israël)

Blum, vétéran du Shaldag -commando de l’armée de l’air -et ingénieur, et son fils Shahar, sont les propriétaires de la ferme de cactus Orly, 1 200 dunams de figuiers de Barbarie, ou 200 kilomètres de lignes d’arbres, comme Shahar Blum aime à le dire.

Tout a commencé quand Shahar, âgé maintenant de 36 ans, était enfant. Il ne se souvient pas d’un instant où les figues de Barbarie n’étaient pas autour de leur maison. Ayant grandi dans un moshav près de Rehovot, où sa famille vit encore – le gouvernement israélien ne leur permettant pas de vivre à la ferme – le jeune Blum parcourt les buissons de figuiers de Barbarie autour du moshav, armé d’un bâton et d’une boîte de conserve, la meilleure méthode pour détacher le fruit de sa feuille sans se retrouver plein d’épines.

« Vous savez que certaines personnes rêvent de boire du Coca froid à la plage ? » demande Blum. « Pour ma part, je bois le jus d’un sabra ».

Il n’avait guère le choix. Son père, qui a étudié au Technion, a vite porté son œil expérimental sur la figue de Barbarie, captivé par sa disponibilité et les possibilités de l’utiliser comme source de nourriture.

Certains enfants rêvent de devenir président, médecin ou pompier, Blum aime à dire. Il a toujours rêvé de fournir le monde en nourriture.

Une vue sur 1200 dunams des figuiers de Barbarie (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israël)

Une vue sur 1200 dunams des figuiers de Barbarie (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israël)

Après avoir découvert les multiples facettes de la figue de Barbarie, Blum a développé sa propre espèce du fruit, avec moins d’épines, et en saison pendant dix mois de l’année. (Il peut encore être utilisé comme un nouveau fruit pour Rosh Hashana, car ils sont disponibles dès maintenant.) C’est la première étape.

Les prochaines étapes, qui ont constitué la plus grande partie des 30 dernières années, consistaient à convaincre le gouvernement de lui faire cultiver les figues de barbarie dans cette partie aride de terres désertiques entre les villes de Dimona et Yeruham dans le Sud.

Cela a pris beaucoup plus de temps, et après plusieurs démarrages difficiles, les Blum ont installé leur ferme, au nom de la sœur de Shahar, Orly. Leurs seuls voisins sont une poignée de camps de Bédouins et la zone industrielle de Dimona. Mais c’est un endroit idéal pour figuiers de Barbarie.

« Il y a beaucoup de soleil ici », déclare Blum. « Les sabras aiment les rayons de soleil. »

Ils ont commencé à vendre le fruit à des supermarchés israéliens en 1994, une première pour la figue de Barbarie dans les magasins locaux, et vendent maintenant plus de 60 % de leur récolte sur place et exportent le reste.

« On vend tout », dit Shahar Blum.

L’an dernier, ils ont ouvert le centre aux visiteurs, en proposant des visites guidées d’une heure et demie de la ferme, y compris l’apprentissage de figues de Barbarie, de l’art, un zoo pour enfants ainsi qu’un repas composé de nourriture faite à partir de sabras.

« Les gens ne savent plus comment manger un sabra », dit Shahar Blum. « Si quelqu’un est âgé de 30 ans ou moins, il n’en a sûrement jamais mangé. »

Mais leur véritable objectif est la prochaine étape de la ferme, l’ouverture d’une usine qui fabriquera divers produits alimentaires fabriqués à partir de leurs 40 000 tonnes de figues de Barbarie.

Ils espèrent une joint-venture pour leur programme pilote, avec « quelqu’un qui comprenne les avantages » de la figue de Barbarie et leur plan pour l’utiliser comme plate-forme pour toute une variété de produits.

Ils ont l’intention de produire différents types de condiments, aussi bien piquants que doux, ainsi que des boissons, du pain, des escalopes de sabra, des barres et des feuilles de figuiers de Barbarie congelées.

« Nous allons nous débarrasser du steak, du schnitzel et du thon, et créer 500 aliments différents à base de sabra », ajoute son père. « Je prévois ça pour la prochaine génération. »

Les trains, les chèvres et les plantes épineuses au Orly Farm Cactus dans le Néguev (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israël)

Les trains, les chèvres et les plantes épineuses au Orly Farm Cactus dans le Néguev (Crédit : Jessica Steinberg / Times of Israël)