La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont proposé à Israël un plan de réhabilitation de Gaza qui appelle aussi à la démilitarisation de Gaza mais exige aussi des israéliens qu’ils assouplissent le blocus sur l’enclave côtière.

Ce projet a été présenté au conseiller à la sécurité nationale Yossi Cohen et à un haut-fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, qui selon les sources, sont enclins à travailler avec les Européens pour le mettre en place.

Dans le document qui fait deux pages, les trois pays connus sous le nom de E3, reconnaissent les inquiétudes d’Israël en matière de sécurité et soutiennent son but de démilitariser Gaza. Mais, dans le même temps, ils insistent sur le fait que pour permettre une « reconstruction et la stabilisation » acceptable, les restrictions placées sur la liberté de mouvements des personnes et des marchandises doivent être assouplies.

Au cœur de cette proposition, rédigée en des termes vagues, il y a l’appel à la création d’un mécanisme international qui surveillerait les biens qui entrent et sortent de Gaza. Ce mécanisme s’assurerait que les matériaux comme le fer et le ciment qui seraient amenés dans la Bande de Gaza n’arrivent pas aux mains du Hamas ou d’autres groupes terroristes, qui les utiliseraient surement à des fins militaires.

D’autre part, l’E3 exige aussi que les Israéliens donnent aux gazouis plus de liberté de mouvement et l’accès au monde extérieur pour qu’ils puissent raviver leur économie. Ce projet appelle à la création d’un mécanisme de surveillance international pour permettre les échanges maritimes.

Il demande aussi que les Gazouis aient un droit de pêche qui aille au-delà de 3 miles marins à partir du littoral. (En mars 2013, après que des roquettes aient été tirées sur Sderot, Israël a réduit la zone de pêche littorale à 3 miles marins alors qu’elle était de 6 miles marins en vertu de l’accord de cessez-le-feu de 2012 qui mettait fin à l’opération Pilier de défense.)

La proposition des Nations européennes ne mentionnent pas la demande palestinienne de construire un aéroport.

Ce projet appelle aussi à la réinstauration de l’autorité de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, à Gaza. Il évoque aussi la possibilité du retour de la mission de l’Union européenne d’assistance à la frontière, ou EUBAM, au point du passage transfrontalier de Rafah vers l’Egypte pour accompagner la garde présidentielle palestinienne, selon Haaretz. L’Autorité palestinienne d’Abbas a été violement évincée par le Hamas quand ce dernier a pris le contrôle de Gaza en 2007.

Les Nations unies pourraient jouer un grand rôle dans ce mécanisme, selon le projet de l’E3.

Cette proposition a été reçue de manière positive par les fonctionnaires de Jérusalem. Cela a été confirmé par les responsables israéliens et européens. Jérusalem est prêt à avoir « des discussions sérieuses sur la manière de gérer la reconstruction de Gaza », a déclaré un haut-fonctionnaire israélien au Times Of Israel jeudi.

« Il n’y a pas aucune contrainte ni de limite contre le fait que l’aide humanitaire atteigne Gaza », déclare-t-il. Il ajoute que Jérusalem est prêt à travailler avec les Nations unies et les gouvernements étrangers importantes pour faciliter le transfert immédiat de marchandises et de médicaments dans la bande de Gaza. « Nous avons dit oui à la reconstruction de Gaza, mais non à la reconstruction du Hamas, et nous ne voulons absolument de la réhabilitation de sa machine terroriste ».

Israël va insister pour que l’on institue un mécanisme à tout épreuve dans le cadre de la réhabilitation de Gaza. Par exemple, il veut la garantie que le ciment soit utilisé pour la construction de bâtiments civils et non pour les tunnels, comme c’était le cas dans le passé, note le fonctionnaire. Ces dernières années, l’UE européenne avait demandé maintes fois à Israël d’assouplir ses restrictions sur Gaza, en laissant par exemple entrer une quantité plus grande de ciment dans la bande de Gaza.

Après la découverte et la destruction des dizaines de « tunnels de la terreur » de Gaza pendant l’opération Bordure protectrice, Jérusalem a des « raisons de penser que la communauté internationale sera plus réaliste sur ce sujet », indique le Haut-fonctionnaire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mercredi soir qu’Israël coopérait avec l’Autorité palestinienne pour le futur de Gaza. Il affirmé qu’Israël est « préparé à les voir jouer un rôle [important] » mais il a refusé d’en dire plus.

On doit empêcher le Hamas de se réarmer dans le cadre d’une démilitarisation générale de Gaza, déclare Netanyahu. « C’est la seule manière de s’assurer que ce conflit ne se répète ».