Le visa de trois mois du poète iranien Payam Feili en Israël arrive à sa fin, et il cherche à présent à obtenir l’asile dans le pays dont il dit être « tombé amoureux ».

Selon un article du site d’informations jordanien, Al Bawaba, Feili, ouvertement gay, demande l’asile aux autorités israéliennes en raison du danger qui menace sa vie s’il devait retourner en Iran.

L’article suppose que bien que les autorités israéliennes ne soient pas heureuses de sa démarche de demander la résidence permanente après être entré dans le pays en tant que visiteur, elles auraient tendance à approuver sa demande en raison de sa situation.

Feili a fui son Iran natal l’année dernière à cause de la persécution qu’il y affrontait en raison de sa sexualité.

Le poète de 30 ans se démarque non seulement par son arrivée dans un pays tellement en conflit avec le sien, mais aussi par son adoration professée pour un Etat que certains dirigeants iraniens ont comparé à un cancer et ont appelé à effacer de la carte.

Feili, qui a écrit neuf livres, beaucoup d’entre eux discutant ouvertement d’homosexualité, s’est échappé de Turquie l’année dernière quand les menaces du gouvernement iranien envers lui et sa famille sont devenues insupportables.

Il est arrivé en Israël en fin d’année dernière pour voir son dernier roman « Je grandirai, je porterai des fruits… des figues » adapté au théâtre en hébreu à Tel Aviv. Bien que sa famille, qui l’a toujours soutenu, reste en Iran, il a déclaré qu’il espérait pouvoir rester en Israël de manière permanente.

Le poète iranien exilé Payam Feili, dans une image non datée d'une vidéo YouTube dans laquelle Feili demande de l'aide aux Israéliens dans sa tentative de se rendre en Israël. (Capture d'écran YouTube)

Le poète iranien exilé Payam Feili, dans une image non datée d’une vidéo YouTube dans laquelle Feili demande de l’aide aux Israéliens dans sa tentative de se rendre en Israël. (Capture d’écran YouTube)

Feili a nourri une fascination pour Israël qui a commencé quand il était jeune, quand il a commencé à regarder des films sur l’Holocauste et a commencé à apprendre sur la Torah. Il a un tatouage d’une étoile de David de la taille d’une pièce de monnaie sur le cou.

« Je me suis rapproché de plus en plus d’Israël et j’en suis tombé amoureux, » a-t-il déclaré.

L’homosexualité est un sujet tabou en Iran, où les gays et les lesbiennes peuvent faire face à des sentences de coups de fouets ou de mort s’ils sont condamnés.

Les organisations de défense des droits de l’Homme estiment que plus de 4 000 gays ont déjà été exécutés depuis la Révolution islamique. En 2007, l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait déclaré au public de l’université Columbia de New York qu’ « en Iran, nous n’avons pas d’homosexuels comme dans votre pays ».

Selon le centre américain PEN, un groupe d’écrivains qui défendent la liberté d’expression, le compte e-mail de Feili a été piraté et a été retiré de son blog. Il a été arrêté trois fois en quatre ans, le plus récemment en février 2014 après avoir accepté que son travail soit publié en hébreu en Israël, selon PEN. Le groupe a déclaré qu’il avait été retenu avec les yeux bandés dans un container d’expédition à un emplacement inconnu pendant 44 jours, sans être accusé.