Beaucoup a été dit et écrit sur la grande unité des Juifs qui s’est dégagée l’été dernier suite à l’enlèvement et l’assassinat des trois adolescents israéliens – Gil-ad Shaar, Naftali Fraenkel et Eyal Yifrach – par des terroristes palestiniens.

« Bring back our boys » (« Ramenez nos garçons », est devenu, en ces heures tragiques, le cri de ralliement non seulement des citoyens israéliens, mais aussi des Juifs du monde entier.

Aujourd’hui, pour essayer de renforcer et de perpétuer cet élan de solidarité et de soutien mutuel, les familles des trois adolescents assassinés, ainsi que le maire de Jérusalem Nir Barkat et Gesher, une organisation dont le but est de rapprocher les différents secteurs de la société israélienne, ont lancé le Prix Jérusalem de l’unité.

Devant être décerné le jour du premier anniversaire de la mort de Shaar, Fraenkel et Yifrach, il récompensera les individus, les organisations et les initiatives sociales qui promeuvent l’unité entre les Juifs en Israël, et entre Israël et la Diaspora.

« Nous avons été témoins de nombreuses expressions d’unité juive. Ce qui est arrivé avec les garçons est devenu un prisme de cette unité. Il y a eu un effet de propagation, et nous n’avions aucune idée jusqu’oU iront ces ondes », a déclaré au Times of Israel, Ophir Shaer, le père de Gil-ad.

« Nous avons été particulièrement impressionnés par la forte connexion entre la diaspora et Israël qui est devenue apparente, » a-t-il dit.

Selon Anat Schwarz Weil, directrice du Prix Jérusalem de l’Unité, l’idée du prix est venue d’une conversation entre le maire de Jérusalem, Nir Barkat, et les familles lors de sa visite à ces dernières pendant la période de shiva [deuil] suivant les obsèques des trois jeunes le 1er juillet 2014.

« Il était clair pour moi que la manière la plus honorable de rendre hommage aux garçons était de promouvoir l’unité que les familles ont démontrée et créée », a déclaré Barkat dans une interview avec le Times of Israel.

« Les familles ont mis le bien de la nation avant leurs propres enfants. Nous n’avions pas vu une telle unité depuis des décennies. »

Le prix sera remis dans trois catégories : Individus ou organisations, initiatives sociales, Israël et la diaspora. Le(s) gagnant(s) de chaque catégorie recevra jusqu’à 100 000 shekels (21600 euros).

Les lauréats seront choisis par un jury composé du maire, des parents des trois garçons et de dignitaires d’Israël et de la diaspora, dont l’ancien grand rabbin du Royaume-Uni Lord Jonathan Sacks, le fondateur de la Fondation Gesher le rabbin Danny Tropper, le grand rabbin Migdal Ha’emek Its’hak, David Grossman, l’ancienne vice-présidente de la Knesset et présidente du Collège Shenkar Dr Yuli Tamir, la journaliste Orly Vilnai et le musicien Kobi Oz.

« Nous avons pris conscience de nombreux nouveaux projets qui rapprochent les différents secteurs de la population et promeuvent le dialogue entre eux, et nous voulons les soutenir », a dit Ophir Shaar.

Le père de l’adolescent assassiné précise qu’unité ne signifie pas uniformité.

« Il s’agit de la façon dont différentes personnes, avec des opinions et des croyances différentes, peuvent vivre ensemble côte-à-côte « , explique-t-il.

« Cette unité crée une résilience intérieure pour nous aider à surmonter les difficultés que nous rencontrons en tant que peuple, qu’elles soient économiques ou liées à la sécurité, comme ce fut malheureusement notre cas. »

Selon Schwarz Weil, les propositions liées à l’unité entre Juifs et non-juifs en Israël sont les bienvenues, mais l’accent sera mis sur l’unité juive.

« Nous sommes très ouverts et j’ai hâte de voir les propositions des gens. Mais oui, nous mettons l’accent sur la valeur de ‘Kol Israël arevim Zé Bazeh’. « Tout Israël (tout juif) est responsable des autres », a déclaré Barkat.

Les candidatures peuvent être déposées actuellement sur le site du Prix Jérusalem de l’unité, et les prix seront décernés à Jérusalem le 3 juin, qui sera une « Journée spéciale de l’Unité » dédiée à la promotion des diverses initiatives.

Le prix sera décerné chaque année, au moins pendant les trois prochaines années grâce à la générosité d’Ira et Ingeborg Rennert, de Jay et Jeanie Schottenstein, Robert et Amy livre, David et Sarena Koschitzky et de la fondation UJA [Appel Juif Unifié] de New York.

Ophir Shaer est très impatiente d’apprendre d’avantage à propos de tout ce que la jeune génération fait pour promouvoir l’unité juive. Il croit que son fils Gil-ad aurait aimé ce que les familles cherchent à réaliser avec ce prix.

« Gil-ad a été conseiller dans le mouvement de jeunesse Bnei Akiva. Il n’a pas travaillé avec des enfants dans notre communauté [la colonie juive religieuse de Talmon], mais avec une autre communauté qui est plus variée au point de vue [religieux] », dit le père.

« Il avait vraiment de bons liens avec les enfants là-bas. Nous sommes toujours en contact avec ces familles. Son influence se fait encore sentir. »

« Gil-ad enseignait à ces enfants l’histoire juive, l’amour du peuple juif et de ses valeurs. Il a montré qu’il ne suffit pas de parler. Il faut aussi agir. »

Les trois adolescents disparus près de Hébron le 12 juin 2014 : de gauche à droite : Eyal Yifrach, Gil-ad Shaar et Naftali Frenkel (Crédit : autorisation)

Les trois adolescents disparus près de Hébron le 12 juin 2014 : de gauche à droite : Eyal Yifrach, Gil-ad Shaar et Naftali Frenkel (Crédit : autorisation)