Un important journaliste palestinien et confident du président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a déclaré dimanche que les Palestiniens collectaient les noms et les photographies de « centaines » de soldats de l’armée israélienne, dans l’intention de les faire comparaître devant la Cour pénale internationale (CPI) en 2017.

« En 2017, nous allons à La Haye », a déclaré Nasser Laham, selon la Deuxième chaîne. « Nous avons des centaines de pages de noms d’officier de l’armée israélienne. Chaque pilote, chaque officier, chaque soldat, nous avons sa photo, nous avons son nom, et nous l’attendons à La Haye. »

« Si nous réussissons avec un, un seul, ce sera un monde différent », a été cité le directeur de l’agence de presse palestinienne Maan.

Laham a exhorté les Palestiniens à renoncer à la violence et à permettre aux dirigeants palestiniens de se concentrer sur les efforts internationaux pour poursuivre les responsables militaires israéliens.

« J’ai déclaré à mon people en direct que, en costumes cravates, nous allons emmener les Israéliens à La Haye, nous allons leur passer les menottes, a-t-il déclaré. N’utilisez pas la violence, n’explosez pas. C’est une guerre sans balle. Attendez simplement, laissez-nous une autre chance. »

La Cour pénale internationale à la Haye (Crédit : Vincent van Zeijst/CC BY SA 3.0/Wikimedia commons)

La Cour pénale internationale à la Haye (Crédit : Vincent van Zeijst/CC BY SA 3.0/Wikimedia commons)

Depuis la guerre de 2014 dans la bande de Gaza, les responsables palestiniens cherchent à poursuivre Israël devant la cour internationale. Les Palestiniens ont demandé officiellement à la CPI en 2015 d’enquêter sur l’Etat juif, qui n’a pas ratifié le traité qui gouverne la cour, pour crimes de guerre présumés.

Bien qu’Israël s’oppose catégoriquement à toute enquête de la CPI, des responsables ont déclaré qu’ils coopèreraient avec l’institution pour la convaincre de la compétence des propres tribunaux d’Israël.

Les propos de Laham ont été diffusés alors que les responsables israéliens sont furieux après le vote vendredi par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une résolution qui condamne les implantations, ce qui, selon Jérusalem, encouragera les Palestiniens à chercher une résolution au conflit israélo-palestinien sur la scène internationale et pas par des négociations directes.

Dimanche également, le dirigeant du Hamas, Khaled Meshaal, a applaudi la résolution des Nations unies. Depuis Istanbul, Meshaal a déclaré que « la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies indique au monde le danger des colonies qui menacent notre terre. » Le dirigeant du groupe terroriste gazaoui a remercié « tous ceux qui ont condamné les colonies israéliennes », mais a ajouté que la résolution n’était « pas assez ».

Le chef politique du Hamas, Khaled Meshaal, pendant un rassemblement du Congrès national africain en l'honneur du Hamas au Cap, en Afrique du Sud, le 21 octobre 2015. (Crédit : Rodger Bosch/AFP)

Le chef politique du Hamas, Khaled Meshaal, pendant un rassemblement du Congrès national africain en l’honneur du Hamas au Cap, en Afrique du Sud, le 21 octobre 2015. (Crédit : Rodger Bosch/AFP)

Meshaal a déclaré que le Hamas se préparait à une nouvelle série de violences contre Israël.

« La résistance à Gaza fait entrer des armes et creuse des tunnels à Gaza pour préparer une confrontation avec [Israël], qui goûtera à ses malheurs à la frontière de la bande de Gaza. »

Un Premier ministre Benjamin Netanyahu furieux aurait tenté de « recruter » la future administration Trump et le Congrès américain pour tenter de bloquer une potentielle tentative de l’administration Obama sortante de faire approuver par le Conseil de sécurité les principes de mise en place d’un état palestinien.

La crainte de Netanyahu est que le secrétaire d’Etat américain John Kerry ne fixe les principes ou les paramètres d’un état palestinien dans un discours décrivant sa vision du Moyen Orient qu’il prononcera dans les prochains jours. Le Premier ministre craint que, dans ses derniers jours, l’administration Obama ne cherche à obtenir une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui consacrerait ces paramètres, a annoncé la Deuxième chaîne dimanche soir.

La France organise le 15 janvier une conférence sur le conflit israélo-palestinien, et Netanyahu s’attend à ce que Kerry y assiste, que le Quartet pour le Moyen Orient, composé des Etats-Unis, des Nations unies, de la Russie et de l’Union européenne, coordonne ses positions pendant le sommet, et qu’ils se tournent ensuite vers le Conseil de sécurité dans les tous derniers jours de la présidence d’Obama, a de plus suggéré un reportage de la Dixième chaîne.

De telles spéculations n’ont pas été confirmées par le bureau du Premier ministre, mais Netanyahu a déclaré publiquement à plusieurs reprises être scandalisé par l’administration Obama depuis le vote de la résolution 2334, et a affirmé que le président américain avait initié et aidé à rédiger la résolution « dans le dos d’Israël ». Il a déclaré que la résolution était biaisée, honteuse et ridicule, en partie parce qu’elle établit que la Vieille Ville de Jérusalem, dont le mont du Temple et le mur Occidental, sont des « territoires palestiniens occupés ».

Dov Lieber a contribué à cet article.