Un demandeur d’asile palestinien gay qui s’est converti de l’islam au christianisme dit qu’il risque d’être extradé du Canada en raison de ses liens familiaux étroits avec le Hamas, et qu’il craint d’être exécuté s’il est forcé de retourner en Cisjordanie. Il dit se sentir « comme un homme mort ambulant ».

Jean Calvin (ce n’est pas son nom de naissance) a déclaré samedi à la chaîne CTV News d’Edmonton, au Canada, que sa famille faisait partie des fondateurs du groupe terroriste islamiste, mais qu’il a rejeté l’idéologie extrémiste du Hamas et s’est converti au christianisme à l’âge de 18 ans.

Calvin, qui est né en Cisjordanie en 1990, a dit que sa famille a réagi avec colère quand ils ont découvert sa conversion et qu’il a échappé de justesse à plusieurs tentatives de meurtre de la part de son propre père. « J’ai fini par sauter par la fenêtre et je me suis échappé, j’ai été aidé et me suis dirigé dans une autre ville de Cisjordanie », a-t-il raconté à la chaîne d’information.

Il a finalement fui au Canada, et a demandé le statut de réfugié en 2011. Peu de temps après, Calvin s’est inscrit dans un collège biblique de Toronto grâce à une bourse qu’il a obtenue.

Il dit que sa demande du statut de réfugié a été suspendue en 2012, et que le 31 décembre 2014, il a reçu une lettre officielle d’extradition. On lui a donné 30 jours pour faire appel.

Selon l’ordre d’expulsion obtenu par la station de télévision, cinq de ses oncles sont actuellement dans les prisons israéliennes ou y ont déjà purgé une peine pour des activités liées au terrorisme, y compris la conduite d’attentats suicides et la fabrication d’armes.

L’ordre précise également que le grand-père maternel de Calvin était un leader des Frères musulmans en Cisjordanie et a été l’un des fondateurs du Hamas.

Calvin considère que son retour en Cisjordanie serait comme une sentence de mort, car il a été reconnu coupable d’apostasie pour avoir abandonné ses croyances religieuses.

Selon Calvin, les convertis quittant l’Islam sont automatiquement identifiés à des partisans d’Israël et reconnus coupables de trahison. « Vous êtes abattu. Là-bas il n’y a ni tribunal, ni police. Si quelqu’un vient, par exemple, vous accuser de trahison, [ils] vous enlèvent et vous exécutent en public, c’est tout. »

Pour compliquer encore la situation, Calvin a déclaré son homosexualité à sa famille, et a expliqué lors de l’entretien qu’il s’agit d’un autre « crime » qui pourrait entraîner sa mort. « Etre gay est absolument inacceptable.C’est passible de mort, d’une exécution publique honteuse très, très douloureuse. »

Bien que la loi palestinienne en Cisjordanie ne criminalise pas l’homosexualité, il est socialement tabou d’être ouvertement gay, et beaucoup choisissent de garder le secret de leur homosexualité, craignant violence et persécution.

« Dès qu’ils mettront leurs mains sur moi je serai exécuté », affirme Calvin.

Les amis de Calvin ont lancé une production participative (crowdsourcing) pour sensibiliser le public et rassembler les fonds nécessaires pour son appel.