Le chef du parti travailliste Isaac Herzog a annoncé mercredi que le professeur d’économie Manuel Trajtenberg, qui a dirigé la commission Trajtenberg créée à la suite des protestations pour la justice sociale de l’été 2011, se rallie à la liste travailliste-Hatnua.

Lors d’une conférence de presse avec Trajtenberg suivant l’annonce, la présidente de Hatnua Tzipi Livni a déclaré que son implication permettra au parti de mettre en œuvre des réformes sociales et économiques, une question sur laquelle plusieurs partis politiques avaient centré leur campagne lors des élections précédentes.

Livni qualifie d’ « intelligentes et au point » les recommandations économiques de Trajtenberg et a affirmé : « Nous croyons que les questions économiques et sociales sont directement liées aux questions diplomatiques et de sécurité, que les Israéliens finissent finalement par payer de leur poche. »

Herzog a dit que Trajtenberg, détenteur d’un doctorat en économie de Harvard, « est notre candidat pour le poste de ministre des Finances », et conduirait la plate-forme du parti sur l’économie.

« Ces derniers temps nous avons discuté de nombreuses heures sur la direction économique à donner à Israël, et nous avons défini trois questions principales : le coût de la vie, le logement et les inégalités sociales », a déclaré Herzog en présentant la candidature de Trajtenberg. « Ensemble, nous allons apporter une solution afin que le logement ne soit plus un rêve lointain. »

Il est encore difficile de savoir où Trajtenberg sera placé sur la liste du parti, mais il devrait être a un rang qui lui donne une chance réaliste d’être élu à la prochaine Knesset. Selon des sources bien informées, il voulait d’abord être placé huitième, mais cette place est réservée à un candidat choisi par la chef de Hatnua, Tzipi Livni, et Amir Peretz, l’adjoint de Livni, a refusé d’abandonner cette position. Trajtenberg est donc susceptible d’être placé à la 11è ou à la 16è place.

« Je vous suis reconnaissant de m’avoir choisi pour conduire le domaine économique et social. Je vous remercie de votre confiance, et je suis conscient de cette responsabilité », a déclaré Trajtenberg pendant la conférence de presse de mercredi.

« Cela arrive alors que nous désirons tous une nouvelle voie qui mènera à une société plus juste, qui prenne soin des gens qui travaillent et des plus faibles. »

«Je prends sur moi cette tâche et je crois dans les capacités inhérentes à notre société. Je suis certain que je peux faire une réelle différence et contribuer à cette société», a-t-il déclaré.

Trajtenberg, qui a immigré d’Argentine à l’adolescence, a été nommé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour négocier avec les dirigeants d’un mouvement de protestation populaire en 2011 et rédiger des recommandations en réponse à leurs demandes. De 2006 à 2009, il a servi comme conseiller économique en chef au bureau du Premier ministre et président du Conseil économique national.

Il y a deux semaines, Trajtenberg a présenté à Netanyahu sa démission de son poste à la tête de la commission de planification et de budgétisation au Conseil de l’enseignement supérieur en Israël pour « pouvoir prendre part aux élections à venir ».

«Nous avons une responsabilité envers toute une génération qui fait face à un sombre [avenir], et à qui le gouvernement a tourné le dos », a déclaré mercredi Trajtenberg après avoir rejoint la liste travailliste-Hatnua.

« La fusion entre le parti travailliste et Hatnua est la bonne décision au bon moment par les bonnes personnes, et je suis fier de me rallier à eux et de les suivre avec beaucoup d’autres personnes capables et remarquables afin de faire [de nos] idées une réalité, d’allumer une étincelle qui deviendra un feu important. La tâche est réalisable, elle est entre nos mains. Nous pouvons offrir des logements aux jeunes familles, faire disparaître la honte de la pauvreté, et surtout, remettre l’homme au centre. »

Les protestations sociales 2011, qui ont abouti à une manifestation de plus de 400 000 personnes à Tel-Aviv, sont devenues un facteur important lors des élections de 2013, avec quelques militants élus à la Knesset et un sentiment d’injustice économique alimentant fortement les messages électoraux du parti centriste Yesh Atid et d’autres formations politiques.