Une membre du Congrès américain a présenté un projet de loi qui vise à empêcher les Etats-Unis de financer la détention militaire en Israël d’enfants palestiniens.

Cette législation présentée mardi par la représentante démocrate Betty McCollum a au moins neuf parrains. Elle exigerait du secrétaire d’Etat qu’il certifie chaque année que l’aide américaine versée à Israël n’a pas été utilisée l’année précédente pour placer en détention militaire des enfants palestiniens, pour les interroger ou exercer des violences à leur encontre.

« L’objectif de cette loi est de promouvoir et de protéger les droits de l’Homme des enfants palestiniens et de garantir que les fonds des contribuables, aux Etats-Unis, ne soient pas utilisés pour soutenir la détention militaire des enfants palestiniens », dit le projet de loi.

Parmi les partisans de ce texte, les co-présidents du groupe parlementaire progressiste du Congrès, le représentant démocrate d’Arizona Raúl Grijalva et le représentant démocrate du Wisconsin Mark Pocan.

Betty McCollum, membre démocrate du Congrès (Crédit : US Congress/Wikimedia/public domain/Sillyputty87)

McCollum a expliqué que le projet de loi « met en lumière le système de détention militaire des enfants palestiniens » et veut garantir que les Etats-Unis ne soutiennent pas d’éventuelles violations des droits de l’Homme.

« Le Congrès ne doit pas détourner le regard du mauvais traitement, injuste et continu, des enfants palestiniens qui vivent sous occupation israélienne », a-t-elle dit sur son site internet.

Un certain nombre d’organisations progressistes et religieuses ont approuvé cette législation, notamment les groupes Churches for Middle East Peace et JVP (Jewish Voice for Peace). Cette dernière et certaines autres associations qui l’appuient soutiennent également le mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) contre Israël.

« La tradition juive enseigne que tout un chacun a sa dignité et sa valeur inhérentes et qu’il doit être traité en fonction de cela », a fait savoir JVP dans un communiqué. « Cette législation reconnaît et agit en faveur de la dignité et de la valeur des enfants palestiniens et elle envoie le message que les Etats-Unis s’engagent pour un avenir de liberté, de sécurité et d’égalité pour les Palestiniens comme pour les Israéliens. »

Israël gère les Palestiniens qui ne sont pas citoyens israéliens à travers un système judiciaire militaire. Un rapport établi en 2017 par l’observatoire des tribunaux militaires, une organisation à but non lucratif qui a contrôlé le traitement de plus de 450 mineurs placés en détention militaire entre 2013 et 2016, a révélé que l’année dernière, 60 % des mineurs arrêtés ont fait savoir qu’ils avaient subi des violences physiques entre les mains de ceux qui les avaient arrêtés et que 43 % d’entre eux ont indiqué avoir été victimes de violences verbales.

5 % seulement ont eu l’autorisation de voir leurs parents durant l’interrogatoire, et 10 % ont pu rencontrer un avocat.

Les enfants ont néanmoins été traités avec plus d’indulgence qu’en 2013.

En réponse à ce rapport, l’armée israélienne a déclaré qu’elle avait dû faire face ces dernières années à une recrudescence du phénomène de mineurs impliqués dans des délits en Cisjordanie, notamment dans des délits sécuritaires. Elle a ajouté qu’en appliquant la loi, elle prenait leur âge en considération .