WASHINGTON — Le Sénat américain est en train d’exécuter en urgence une résolution bipartisane post-Charlottesville qui appellerait le président américain Donald Trump à rejeter les suprématistes blancs et, ce qui est une initiative rare, exigerait sa signature.

La résolution a été placée jeudi sur le calendrier officiel, ce qui signifie qu’elle a passé les obstacles de procédures et qu’elle sera bientôt présentée au vote. Ce qui est inhabituellement rapide au Sénat pour une résolution introduite au cours de la journée précédente.

Les parrains de la résolution – les sénateurs Mark Warner et Tim Kaine, deux démocrates de Virginie, et les sénateurs républicains Cory Gardner du Colorado, Lisa Murkowski de l’Alaska et Johnny Isakson de Georgie – ont utilisé un mécanisme qui exige la signature par le président de la résolution.

La majorité des résolutions non-contraignantes exigent simplement un vote de majorité, car elles ne feront pas office de loi et ne font qu’exprimer le sentiment de l’instance. Cette résolution obligerait Trump à s’engager pleinement envers les termes qui sont exprimés dans le texte.

La résolution « rejette le nationalisme blanc, la suprématie blanche et le néo-nazisme comme étant des expressions haineuses d’intolérance qui sont contradictoires avec les valeurs qui définissent la population des Etats-Unis ». Elle recommande également vivement au président et à son administration de « s’exprimer contre les groupes de haine qui épousent le racisme, l’extrémisme, la xénophobie, l’antisémitisme et le suprématisme blanc et à utiliser toutes les ressources à la disposition du président et du cabinet présidentiel pour s’attaquer à la prévalence croissante de ces groupes de haine aux Etats-Unis ».

Des centaines de suprématistes, de néonazis et de membres de l'extrême-droite américaine à Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Des centaines de suprématistes, de néonazis et de membres de l’extrême-droite américaine à Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

La résolution se retient assidûment de blâmer les autres parties en lice dans le cadre des violences meurtrières survenues à Charlottesville, en Virginie, le mois dernier, lorsque des suprématistes blancs avaient cherché à protéger des monuments confédérés. Un suprématiste blanc présumé avait également lancé son véhicule contre un groupe de contre-manifestants, tuant Heather Heyer, 32 ans, qui est nommée et fait l’objet d’un hommage dans la résolution.

Trump, le jour de l’attaque et les jours suivants, avait été vivement critiqué par des personnalités importantes issues des camps républicain et démocrate pour avoir attribué la responsabilité des violences à « de nombreuses parties » présentes sur le terrain ce jour-là, ajoutant qu’il y avait « des gens très bien » des deux côtés.

La résolution appelle également le procureur-général et le département de la sécurité intérieure à « enquêter en profondeur sur tous les actes de violence, d’intimidation et de terrorisme national commis par les suprématistes blancs ». Trump a récemment mis un terme au financement d’un tel groupe de travail qui se consacrait à la sécurité intérieure.