Le Grand Mufti de Jérusalem a accusé dimanche la municipalité de la capitale de vouloir adopter un projet de loi qui forcerait les mosquées à baisser le volume de leurs haut-parleurs lors des appels à la prière d’avant l’aube.

Le Grand Mufti a déclaré que seuls les musulmans avaient le droit de prendre de telles décisions.

Muhammad Hussein prétend que la municipalité visait délibérément la population musulmane de la ville afin d’imposer l’autorité juive sur la capitale, selon l’agence de presse indépendante palestinienne Ma’an.

« Les mosquées en Palestine en général et à Jérusalem en particulier sont la cible d’une campagne sournoise par les autorités de l’occupation, » affirme le Mufti.

« Les autorités de l’occupation méprisent les lois célestes et la loi internationale. Ils suivent systématiquement leurs plans en vue d’effacer toute trace des Arabes et des Palestiniens en Palestine. Ils veulent les remplacer par des repères juifs. »

Ses remarques faisaient suite à l’annonce par la municipalité de rassembler un groupe d’intervention afin de mesurer le volume du bruit émis par les 200 mosquées de la ville.

Pour la municipalité, les mosquées dont le son des haut-parleurs dépasse la limite légale autorisée de volume feront l’objet d’un dépistage avancé de son, afin de réduire le bruit, selon Ynet.

La municipalité débloquera 200 000 shekels [42 000 euros] pour réaliser un test de prise de son sur deux mosquées situées au sud de Jérusalem, courant mars.

Le volume élevé de l’appel à la prière musulmane est l’un des principaux sujets de litige à Jérusalem depuis plusieurs années.

Dans le quartier Guivat Tzarfatit de la ville, les résidents juifs ont récemment menacé de jouer de la musique heavy metal en direction du quartier arabe Issawiyya, en représailles contre les prières prétendument bruyantes, selon Ynet.