Un centre communautaire pour les Israéliens, agrémenté d’une synagogue et d’un restaurant casher, doivent être établis au cours des deux prochaines années dans la ville chinoise de Changzhou, située à 150 km de Shanghai.

S’exprimant lors d’un événement à Tel Aviv la semaine dernière, Stone Shi, l’administrateur adjoint de la zone industrielle high tech Wujin de Changzhou, a expliqué que dans les cinq prochaines années, il s’attend à ce que 50 à 100 entreprises israéliennes fassent des affaires dans la zone.

« Nous apprécions que tant d’entreprises israéliennes choisissent la Zone économique de Wujin pour leurs activités en Chine », a souligné Stone lors d’un événement sponsorisé par Cukierman & Co. Investment House. Nous voulons que les Israéliens se sentent à leur aise lorsqu’ils font des affaires dans notre région. Le nouveau centre de 25 000 m2 leur donnera la possibilité d’apprécier la culture israélienne, à la fois laïque et religieuse. Ils pourront même manger de la nourriture casher, mais à la chinoise, bien sûr », a précisé Stone.

Le député David Tzur, l’adjoint du chef scientifique du ministère de l’Economie, Avi Gross et l’attaché économique de l’ambassade de Chine en Israël Hu Ming, ainsi que des dizaines de PDG d’entreprises israéliennes étaient également présents à la soirée.

Changzhou s’est développée comme une zone industrielle high-tech au cours des dernières années.

En 2006, la ville a été qualifiée de district high-tech national par Pékin, ce qui la rend éligible pour des investissements gouvernementaux. Cela permet d’accorder des avantages aux compagnies qui choisissent d’installer leurs magasins là-bas. Et cette stratégie fonctionne.

Plus de 1 300 entreprises étrangères, y compris des plus grandes entreprises mondiales, ont des antennes dans la ville. Plus de 5 000 entreprises locales se sont également installées à Changzhou et beaucoup d’entre elles ont des partenariats avec des entreprises américaines et européennes.

Stone a déclaré que Changzhou perçoit Israël comme un partenaire privilégié pour faire des affaires.

Même si des entreprises géantes comme Samsung, Sony et Toshiba ont d’énormes usines là-bas, « la plupart du travail proposé par ses compagnies est un travail d’assemblage qui ne recquiert pas de très hautes compétences. »

« Les salaires des travailleurs augmentent, il y aura un moment où ces entreprises trouveront que le coût du travail est trop élevé. Nous devons préparer un avenir où nous serons capables de développer notre propre industrie high-tech, en utilisant notre talent national », a souligné Stone.

Les Israéliens, réputés pour leur « esprit start-up », peuvent être très utiles dans cette optique de développement, a-t-il ajouté.

La première entreprise israélienne à découvrir Changzhou a été LycoRed, un fabricant israélien de compléments alimentaires et de produits nutritionnels.

L’entreprise fait maintenant partie d’Adama, anciennement Makhtesim Agan, dont ChemChina a acheté un part majoritaire il y a deux ans.

« Presque toute notre production est destinée à l’export », a souligné Shay Givon, le directeur financier de LycoRed, lors de l’événement à Tel Aviv. « Nous avons ouvert un petite antenne en Chine afin de servir nos clients dans les régions très à l’est qui voulaient se procurer des produits plus proches de chez eux. Au final, nous nous sommes développés ».

LycoRed s’est fait sa place dans le vaste marché chinois, et les ventes en Chine représentent une grande proportion des 100 millions de dollars de ventes annuelles du groupe.

Givon a découvert Changzhou grâce à Zvi Shalgo, président du groupe PTL et président de la Chambre de Commerce d’Israël à Shanghai.

Changzhou s’est avéré être la bonne place pour LycoRed, a déclaré Givon. « Afin de répondre à la demande de nos produits en Chine, nous avons eu besoin de développer notre usine. Nous avons rencontré les représentants d’au moins 10 villes, mais Stone a été le seul à nous aider. La nouvelle usine a été construite en l’espace de quatre mois. »

Givon a souligné que c’était un réel exploit vu la « fameuse » bureaucratie chinoise, surtout quand il s’agit de projets d’entreprises étrangères. « En Chine, vous avez besoin d’amis, et nous pensons que nous les avons à Changzhou ».