Shalom Cohen, un rabbin extrémiste connu pour son hostilité manifeste envers les Israéliens laïcs et le judaïsme orthodoxe moderne, a été nommé dirigeant spirituel du parti séfarade et ultra-orthodoxe Shas.

Cohen, à la tête du séminaire religieux Porat Yossef, a été nommé président du Conseil des Sages de la Torah du Shas jeudi lors d’une cérémonie dans le quartier de Bnei Brak, près de Tel Aviv, selon la radio militaire. Il succède au rabbin Ovadia Yossef, décédé l’an dernier.

Peu après l’annonce de sa nomination, Cohen a réitéré ses critiques contre les Juifs israéliens non-orthodoxes.

« Ils nous détestent, tous ces ignares de Habayit Hayehudi et de Yesh Atid », a déclaré Cohen, en référence au parti religieux nationaliste dirigé par Naftali Bennett et au parti laïc présidé par Yair Lapid.

« Il n’y a aucune différence entre eux deux. Le Saint béni soit-Il, veut que nous restions loin d’eux. Ils sont là-bas, nous sommes ici. Ils continueront leurs absurdités, nous continuerons [d’étudier] la sainte Torah. »

Cohen, considéré comme un proche du chef politique du Shas Aryeh Deri, a qualifié l’an dernier les Juifs orthodoxes sionistes d’ »Amalécites » – un peuple disparu, totalement anéanti dans la Torah en raison de sa cruauté envers les Juifs.

Selon l’expert militaire de la radio de l’armée Yair Sharki, le premier discours de Cohen en tant que dirigeant spirituel montre une vision du monde plus extrémiste et plus séparatiste que celle de Yossef.
Le parti politique Shas, les « Séfarades orthodoxes pour la Torah », compte actuellement 11 députés sur 120 à la Knesset, mais ne fait pas partie de la coalition gouvernementale.

Son approche pragmatique de questions liées à la sécurité, la paix et d’autres domaines non rattachés à la religion ou à l’aide sociale ont permis au Shas de rejoindre des coalitions de droite comme de gauche, où il s’est servi de son influence pour promouvoir son imposante plateforme en matière d’éducation religieuse et d’assistance sociale.

Cette stratégie, ainsi que plusieurs scandales de corruption ayant affecté des responsables du parti, lui ont attiré l’hostilité de nombreux Israéliens laïcs et modérément religieux, qui constituent la base de l’électorat de Yesh Atid et de Habayit Hayehudi.

Yesh Atid, qui fait partie de la coalition au pouvoir, s’est engagé à ne pas rester au gouvernement si le Shas venait à y participer.