Un rapport du gouvernement appelant à de grandes coupes budgétaires dans le plan de dépenses de l’armée, une forte réduction de la durée du service obligatoire et un budget fixe de cinq ans pour l’armée israélienne pour qu’elle puisse planifier de futurs conflits a été rendu public mardi, s’attirant les foudres des hauts gradés militaires.

Le Rapport Locker, commandé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2014, propose également des réductions des régimes de retraite réputés pour être généreux du ministère de la Défense et de la réduction de la durée du service militaire pour les soldats non-combattants de trois ans à deux d’ici à 2020.

La commission qui a rédigé le rapport, dirigée par le Major Genéral (à la retraite) Yohanon Locker, un ancien agent de liaison militaire pour le Premier ministre Netanyahu et un ancien officier de l’armée de l’air, a suggéré que les soldats de combat qui servent trois années complètes, comme ils le font aujourd’hui, mais qu’ils doivent recevoir une « solde appropriée » au cours des 12 derniers mois plutôt que les plusieurs centaines de shekels par mois qui sont actuellement versées.

Le chef de l’armée, le lieutenant-général Gadi Eisenkot, a déclaré lundi que l’armée devrait étudier les conclusions, mais a souligné que les officiers de carrière de l’armée « doivent être traités avec respect » et que « leur nuire, nuit à la capacité de Tsahal à remplir son rôle » et « nuit inutilement à la confiance de la population dans l’armée ».

Le ministre de la Défense, Moshe Yaalon s’est également prononcé contre le rapport, le qualifiant de « déséquilibré à l’extrême et totalement coupé des réalités aux alentours et en Israël ».

Lundi, un responsable militaire, qui a souhaité garder l’anonymat, a qualifié le rapport d’ « une balle entre les yeux de l’armée israélienne » et de plan « adapté pour la Suisse, » pas pour Israël.

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon, à gauche, et le Major Général Gadi Eisenkot le 27 novembre 2014 (Crédit : Ariel Hermoni / Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon, à gauche, et le Major Général Gadi Eisenkot le 27 novembre 2014 (Crédit : Ariel Hermoni / Ministère de la Défense)

Les membres de la commission se sont réunis 63 fois et incluent deux autres grands généraux – un ancien chef de la branche en informatique de l’armée et un ancien chef de la main-d’œuvre de la police israélienne – un ancien président de la société d’électronique de défense, Elbit Sytems, et quatre économistes et professionnels spécialiste des régimes de retraite, dont l’un est un ancien directeur général du ministère des Finances.

La commission a présenté 23 propositions et a été unanime dans son approbation du rapport.

Entre autres choses, elle a suggéré l’établissement du budget au ministère de la Défense à 59 millions de shekels par an pour 2016 à 2020.

« Conscient de l’importance de la formation » et de l’importance de maintenir l’avance technologique de l’armée, la commission a suggéré la « coloration » des fonds investis de sorte que l’argent ne puisse pas être redirigé, comme cela est souvent arrivé dans le passé.

En outre, dans une suggestion qui est rien de moins que révolutionnaire, le rapport Locker a suggéré d’établir la transparence interministérielle entre le ministère de la Défense, le ministère des Finances, le Conseil national de la sécurité et le bureau du Premier ministre, malgré le caractère confidentiel de certaines parties du budget de la défense.

« Le manque de transparence et le manque de confiance nuisent grandement au travail entre les deux ministères », ont écrit les auteurs.

Ils ont déclaré que la commission « attache une importance de premier ordre » à cette suggestion.

La Commission a en outre suggéré de diminuer les effectifs de l’armée de 11 % d’ici la fin de l’année 2017 et de réduire le budget global versé aux officiers de carrière de 14 %.

Il a suggéré que 9,6 milliards de shekels pourraient être économisés du budget total à la fin 2020 en modifiant les termes de la retraite, diminuer les postes de responsable du personnel et de soutien de combat et, entre autres choses, en changeant les conditions en vertu desquelles un soldat a le droit à des paiements d’invalidité de la part du ministère de la Défense.

Par exemple, aujourd’hui, un soldat qui est gravement blessé alors qu’il conduisait une voiture civile pour revenir à la base recevait une compensation à vie et une enveloppe de réhabilitation du ministère de la Défense. La Commission, en se fondant sur la conclusion du rapport Goren de 2010, a suggéré qu’un tel soldat doit, comme un civil ordinaire, recourir au régime d’assurance nationale, qui est souvent beaucoup moins généreuse.

Enfin, la commission, tout en reconnaissant « la réalité de la sécurité » en Israël, a imploré le gouvernement de moderniser le « concept de sécurité », qui devrait servir de « boussole » pointant l’armée vers l’acquisition d’armes correctes et de plans opérationnels, mais qui n’ont pas été officiellement modernisés depuis des décennies.

Le commandant de l’armée, Eiseknot, n’a pas rencontré la commission, montrant ainsi l’opposition de l’armée à ses conclusions.

« Je suis conscient du discours et du désir de jouir de la sécurité pour moins d’argent, a-t-il déclaré dans un communiqué, mais il n’y a pas besoin de nuire à ceux qui ont consacré leur vie à la sécurité de l’Etat ».

Eisenkot a présenté lundi son propre plan de réorganisation de l’armée, qu’il suggère comme une alternative aux suggestions du Rapport Locker.

Appelé le plan « Gideon », il verrait les pensions des fonctionnaires de carrière respectés, avec certaines réformes, des réductions du personnel de réserve de l’armée, une réduction de 6 % de la retraite du personnel dans toutes les branches du quartier général, la relégation de certains emplois au secteur civil et plusieurs réformes structurelles dans les unités de combat.