Les chercheurs et les visiteurs du British Museum à Londres pourront se retrouver face à un homme enterré à Jéricho il y a près de 10 000 ans, grâce à des inventions résolument modernes.

Le crâne, en partie enduit de plâtre, a été retrouvé à Jéricho dans les années 50. C’est la pièce centrale d’une nouvelle exposition : « Le crâne de Jéricho : Une personne, un ancêtre et à nouveau une personne », qui ouvre jeudi au British Museum. Une reproduction du crâne d’origine imprimée en 3D en une reconstruction du visage de la personne seront exposés aux côtés du crâne.

Le crâne a été découvert avec 7 autres crânes près de Jéricho en 1953 par Kathleen Kenyon. Il semblerait que tous soient liés à un rite néolithique sur le culte des ancêtres. D’autres exemplaires sont exposés au Royaume-uni, au Canada, en Jordanie et au Rockfeller Museum de Jérusalem Est.

Les crânes emplâtrés ont été retrouvés dans la région Levant, qui inclut aujourd’hui la Jordanie, Israël, la Syrie et la Cisjordani. Ils sont considérés comme les premiers exemples de portraiture sculpté.

Le Blanc de Blancs Yarden accompagnera avec joie les sucreries de Hanoukka. (Crédit : autorisation)

Le Blanc de Blancs Yarden accompagnera avec joie les sucreries de Hanoukka. (Crédit : autorisation)

Les reproductions numériques sont l’aboutissement de recherches hautement technologiques de l’artefact. Grâce à une technique d’imagerie en microtomographie, les scientifiques ont pu examiner des régions de la tête qui n’avaient pas encore été observées.

« Grâce à cette recherche approfondie, les spécialistes ont pu déterminer qu’il s’agirait du crâne ayant appartenu à un homme », a affirmé le musée dans un communiqué. « Les images montrent également qu’il manquait une joue, que les dents était cassées et cariées, et que son nez a été cassé à l’âge adulte mais reconsolidé avant sa mort. »

Durant son enfance, le crâne de l’homme a été déformé et reformé, et après sa mort, il a été ouvert et rempli de terre pour supporter le plâtre, un fait jusqu’alors jamais observé.

Vue latérale de la reconstruction finale du crâne de Jéricho. La déformation du crâne est à peine visible. (Copyright Trustees of the British Museum, crédit photo : RN DS partnership

Vue latérale de la reconstruction finale du crâne de Jéricho. La déformation du crâne est à peine visible. (Copyright Trustees of the British Museum, crédit photo : RN DS partnership

Le tomodensitogramme (CT scan) a fourni l’imagerie nécessaire pour les maquettes utilisées pour la reconstruction 3D.

« Certaines zones d’ombres doivent encore être résolues, par exemple la couleur des yeux et de cheveux. Cependant, les analyses scientifiques et la reconstruction faciale indiquent que nous en savons davantage sur l’apparence de cet individu et sur son mode de vie, ce qui nous permettra de conserver le crâne de Jéricho avec soin, respect et dignité », a déclaré le musée.

Pour ceux qui ne pourront pas se déplacer à Londres pour l’exposition avant le 19 février, le musée a réalisé une maquette numérique interactive du crâne.

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