Un militant des droits de l’homme, qui avait été honoré par des organisations juives pour avoir dénoncé le système des goulags de la Corée du Nord, s’est rétracté à propos de certaines parties clés de son témoignage.

Le changement dans le témoignage de Shin Dong-Hyuk à propos de l’évasion du camp 14 de haute sécurité de la Corée du Nord a été rendu public le 17 janvier par l’écrivain américain Blaine Harden, l’auteur du livre de 2012 sur la prétendue évasion de la Corée du Nord.

Il a été traduit en 27 langues et sa publication a fait de Shin l’un des militants les plus célèbres au monde contre les violations des droits de l’homme en Corée du Nord parce qu’il était la seule personne à avoir rejoint l’Occident avec ce qui semblait être des compte-rendus crédibles de ce goulag.

« Du point de vue des droits de l’homme, il a été brutalement torturé, mais il a changé certaine choses autour », a déclaré Harden, un ancien journaliste du Washington Post qui a d’abord écrit l’histoire de Shin pour ce journal en 2008.

Certains des événements que Shin, âgé aujourd’hui de 32 ans, décrit comme ayant eu lieu dans le camp 14 – où il avait affirmé être né et avoir vécu jusqu’à son évasion en 2005, se sont en réalité déroulés dans le camp 18, que Shin avait complètement omis de sa biographie, lit-on dans le Washington Post.

Shin avait raconté son témoignage devant des organisations juives, y compris pendant cinq visites à l’United States Holocaust Memorial Museum (USHMM) (musée du Mémorial de l’Holocauste des États-Unis) à Washington et lors d’une réunion, en 2009, avec des survivants de la Shoah au Musée de la Tolérance du Centre Simon Wiesenthal à Los Angeles.

Dans une interview avec le JTA, il avait exprimé son souhait d’en apprendre davantage à propos de la Shoah.

Il affirme maintenant avoir tenté de s’échapper trois fois : deux tentatives infructueuses d’échapper du camp 18 en 1999 et 2005, suivies d’une évasion réussie en 2005 du camp 14, où il dit avoir été transféré après les deux précédentes tentatives d’évasion.

Il maintient également qu’il est né dans le camp 14, mais qu’il a été transféré au camp 18, moins terrible, à l’âge de six ans avec sa mère et son frère.

C’est là, après avoir pris connaissance des plans de sa mère et de son frère pour s’échapper, qu’il les a trahis aux autorités, a avoué Shin à Harden.

C’est également dans ce camp, a-t-il dit, qu’il a assisté à leurs exécutions, et non dans le camp 14, comme il l’avait précédemment affirmé.

Shin a révisé son histoire après la mise en ligne, l’année dernière, d’une vidéo contenant une interview avec le père de Shin, dans laquelle le père dit que son fils n’a jamais vécu dans un camp de prisonniers politiques et que son témoignage était faux.