Au cours des dernières années, les hôpitaux israéliens ont traité des centaines de blessés de la guerre civile syrienne, mais une opération menée la semaine dernière sur un patient syrien à l’hôpital Rambam de Haïfa était de loin la plus ambitieuse de l’institution n’ait jamais tentée, selon l’hôpital.

Le patient, qui a subi de graves blessures au cours de combats sur le côté syrien de la frontière du Golan, a été transporté par l’armée israélienne à l’hôpital pour y être traité.

La mâchoire inférieure du patient avait été complètement détruite à la suite d’une blessure par balle. L’homme, dans un état critique, ne pouvait ni manger ni même parler.

L’hôpital a décidé une nouvelle approche pour aider le patient : le Professeur Adi Rachmiel, directeur du département de chirurgie buccale et maxillo-faciale à Rambam a, avec le Dr Yoav Leiser, qui a récemment suivi une formation en Allemagne, contacté une entreprise d’Ashdod appelée AB Dental, l’un des plus grands fabricants et distributeurs d’implants dentaires avancés au monde.

Alors que la plupart des produits de AB Dental sont des plaques et des vis utilisées pour les implants traditionnels, la société dispose également d’une imprimante 3D conçue par Stratasys, une entreprise conjointe américano-israélienne spécialisée dans le domaine de la technologie d’impression tri-dimensionnelle (AB Dental a acheté sa première imprimante en 2012, lorsque le côté israélien de l’entreprise s’appelait encore Objet), et c’est sur une imprimante de ce type que la société a imprimé une mâchoire sur mesure pour le patient syrien de Rambam.

Les imprimantes 3D sont de plus en plus utilisées par les dentistes pour les procédures avancées.

La fabrication de plaques, de placages, de prothèses, d’implants et autres est un travail personnalisé. Il n’y a pas deux bouches identiques, comme les dentistes expérimentés ont l’habitude de dire.

Traditionnellement, les dentistes ont toujours utilisé des plaques d’impression remplis de silicone, d’alginate de sodium ou de polyéther pour faire des modèles.

Le patient mord sur le matériau et laisse les empreintes de ses dents, le point de départ pour la construction de l’objet nécessaire.

Des corrections sont apportées sur la base des observations du dentiste, et le forage s’ensuit, à la fois sur l’élément quand il revient du laboratoire, et éventuellement sur les dents,pour l’adapter.

En dentisterie numérique, les dentistes renoncent aux empreintes physiques et utilisent des scanners intra-oraux, qui fournissent une vue complète de l’anatomie de la bouche, des mâchoires et des dents, et permettent aux laboratoires de construire des modèles précis qui correspondent parfaitement dès le premier essai.

Le fichier numérique est entré dans une imprimante 3D, qui produit un objet de la bonne taille que le dentiste peut insérer directement dans la bouche du patient.

« C’était l’imprimante 3D qui nous a permis de travailler sur la bouche du patient syrien », a expliqué Rachmiel. Dans la procédure, appelée Implants Spécifiques aux Patients (ISP), les médecins ont créé une mâchoire parfaitement adaptée au blessé.

Dans le passé, de telles procédures exigeaient la connexion de plusieurs plaques, mais grâce à la technologie 3D, les médecins ont réussi à prendre des mesures – en utilisant des modèles statistiques pour prendre des mesures de zones qui avaient été complètement emportées – et a confié à AB Dental la tâche d’imprimer une mâchoire en titane, construite selon des spécifications précises du patient.

Le résultat : un jour après l’opération chirurgicale, le patient a pu manger et parler. L’opération a été un énorme succès, et Rambam a maintenant l’intention d’effectuer la même procédure sur trois autres patients dans les prochaines semaines.

Pour l’hôpital Rambam, l’opération a été l’occasion d’écrire une page de l’histoire médicale israélienne, mais pour le personnel, cela a été la possibilité d’aider quelqu’un à retrouver l’usage de fonctions primaires.

« Nous avons réussi à lui rendre sa qualité humaine », a déclaré Leiser à propos du patient.