Un sceau monastique rare en plomb datant de l’époque des Croisades a été formellement authentifié, plus d’un an après sa découverte sur ​​un site archéologique dans le quartier de Beit Vegan à Jérusalem, a déclaré mardi l’Autorité israélienne des antiquités (IAA).

Le sceau à double face est le genre d’instrument utilisé pour s’assurer de la confidentialité de la correspondance de l’Eglise. Il est confirmé qu’il provient du monastère de Saint-Sabas, un ancien monastère grec orthodoxe surplombant la vallée de Cédron, entre Jérusalem et la mer Morte.

Le sceau, appelé une bulla en latin, est vieux d’environ 800 ans et  en
« bon état », a déclaré l’IAA. Il « est estampillé d’un buste d’un saint barbu portant un himation [une sorte de robe grecque antique] et tenant une croix dans sa main droite et ce qui est probablement un Evangile dans sa main gauche.

Il est entouré d’une inscription grecque nommant le saint : « Saint
Sabas ». Sur l’autre face de la bulla il y a une autre inscription plus longue en grec « C’est le sceau de la Laura de Saint Sabas ».

« Laura » ou « Lavra », est un terme utilisé pour désigner un complexe monastique grec orthodoxe constitué d’un groupe de grottes ou de cellules pour les moines, avec une église, une salle à manger et d’autres bâtiments.

Le monastère de Saint- Sabas est encore utilisé et est considéré comme le plus ancien monastère encore habité dans le monde. Il a été fondé au Vème siècle de notre ère par son homonyme, une figure de proue chrétienne de l’époque byzantine, qui a établi plusieurs communautés monastiques.

Le sceau est « composé de deux disques de plomb vierge et avait une chaîne qui passait à travers un trou sur les deux disques les reliant. Lorsqu’on scellait les lettres, on les plaquait ensemble avec un objet en forme de pince avec de l’encre, créant le sceau à double face », selon l’IAA.

Le site où le sceau a été découvert, dans le quartier résidentiel de Beit Vegan, était une petite communauté agricole pendant les périodes des Croisés et des Mamelouks, qui existait déjà plus tôt au cours de l’époque byzantine.

La face du sceau monastique de l’ère des Croisés découvert à Jérusalem (Crédit : Clara Amit/Israel Antiquities Authority)

La face du sceau monastique de l’ère des Croisés découvert à Jérusalem (Crédit : Clara Amit/Israel Antiquities Authority)

La plupart des objets découverts sur le site reflètent la vie quotidienne du centre agricole.

Selon les directeurs de l’excavation, Benyamin Storchan et Benjamin Dolinka, « c’est une découverte extrêmement rare, car un tel sceau n’a jamais été découvert jusqu’à ce jour…. La ferme excavée dont on peut ainsi s’y référer comme à un établissement agricole a été vendu au monastère en 1163-1164. Un document, qui fait partie des archives de l’Eglise du Saint-Sépulcre au cours de la période des Croisades, mentionne un établissement agricole du nom de Thora, dont on ignore l’emplacement. Il est tout à fait possible que le document fasse référence à ce site ».

La face du sceau monastique de l’ère des Croisés découvert à Jérusalem (Crédit : Clara Amit/Israel Antiquities Authority)

La face du sceau monastique de l’ère des Croisés découvert à Jérusalem (Crédit : Clara Amit/Israel Antiquities Authority)

Robert Kool de l’IAA a noté que, pendant la période des Croisades le monastère Saint Sabas a joué un rôle important dans les affaires du royaume de Jérusalem.

Il avait « une relation étroite avec la famille royale au pouvoir. Le monastère avait de nombreuses propriétés et cette ferme pourrait avoir fait partie des biens du monastère pendant la période des Croisades »