La décision d’autoriser un terroriste, qui a été par le passé été condamné à donner une conférence lors d’un événement géré par des étudiants à l’Université de Tel Aviv, a attiré de vives critiques de la part de plusieurs députés de droite dimanche et déclenché une manifestation de protestation, réunissant quelque 300 étudiants.

Mohammed Kanaane, un Arabe israélien, a fait quatre ans et demi de prison pour avoir été impliqué dans le mouvement du Hezbollah et reçu des fonds provenant de cellules terroristes palestiniennes pour se procurer des armes.

Kanaane doit prendre la parole à l’Université dans les prochains jours, lors d’un événement tenu par les syndicats étudiants des partis israéliens Hadash et Balad, en commémoration de la Journée de la Terre.

Trois cents manifestants affiliés aux branches étudiantes du Likud, Yesh Atid et Habayit Hayehudi, ainsi qu’au mouvement Im Tirzu, se sont rassemblés dimanche pour protester contre Kanaane.

Le député Nissan Slomiansky (Habayit Hayehudi) a appelé à une réunion conjointe d’urgence avec les commissions de l’éducation et des finances de la Knesset dimanche à propos de la conférence de Kanaane.

La décision « est très grave, d’autant plus que c’est une institution qui est partiellement financée par des fonds publics », a-t-il affirmé. « Il ne s’agit pas de liberté d’expression, mais plutôt de liberté de la déchéance », a-t-il ajouté.

Les deux députés Nissan Slomiansky et Ayelet Shaked ont lancé un appel aux étudiants afin qu’ils poursuivent leurs efforts et continuent de protester contre l’événement.

Shaked a à la fois attaqué l’administration de l’Université et les partis politiques de gauche qui, selon elle, tentent d’importer l’incitation à la haine contre Israël – largement présente au quotidien sur ​​les campus universitaires en Europe et en Amérique du Nord – en Israël.

« Je suis abasourdie que l’administration de l’Université appuie cette décision scandaleuse, et offre une plate-forme pour rendre hommage au terrorisme et à la guerre, » dit-elle.

« Comment peuvent-ils permettre à un homme, qui aurait pu avoir été impliqué dans la mort de ces mêmes étudiants auxquels il s’adresse, de livrer ses discours de haine à l’encontre Israël ? »

« C’est une action irresponsable et anti-israélienne », a déclaré Eli Yishai, membre du parti Shas. « Il envoie un message dangereux, selon lequel être un terroriste condamné n’empêche pas d’être le bienvenu dans le monde universitaire israélien. »

L’Université a publié une déclaration défendant l’événement, et maintenant qu’il ne constitue pas une violation de la loi israélienne.

« L’Université est prudente dans sa politique de liberté d’expression sur le campus, et approuve l’action publique au nom des étudiants, conformément à la législation de l’État d’Israël et aux décisions judiciaires antérieures. »

L’institution a par le passé autorisé des événements controversés.

En 2012, des affrontements ont éclaté suite à un événement qui marquait la Nakba [catastrophe dans les termes des Palestiniens], célébrant la fondation de l’Etat d’Israël.

Une manifestation et une petite contre-manifestation ont eu lieu en 2013, sous la présence de la police.