JTA — Un juge de Biélorussie a ouvert la voie à la construction d’appartements sur deux anciens cimetières juifs.

Lundi, la cour de district de Tsentralny, en Biélorussie, a autorisé la construction d’appartements sur un ancien cimetière juif situé dans la ville de Gomel, dans l’est du pays, disant qu’elle n’a pas les compétences pour s’y opposer, a annoncé la radio Svoboda.

Le juge a ainsi statué sur une motion réclamant une injonction contre la construction de cet immeuble résidentiel qui avait été déposée par Yakov Goodman, militant juif américain qui défend la préservation des sites du patrimoine juif dans sa Biélorussie natale. Les autorités locales avaient, l’année dernière, approuvé un projet portant sur la construction de deux résidences de luxe sur les terrains d’un ancien cimetière, rue Sozhskaya.

Cette motion concernait également des travaux de terrassement déjà en cours dans la ville de Mozyr dans un autre ancien cimetière juif, conformément à un permis émis en 2015, selon l’Association mondiale des Juifs de Biélorussie, présidée par Goodman.

Ces deux projets signifient que les ossements des Juifs qui ont été enterrés dans les deux cimetières « finiront dans les bennes à ordures de la ville », a déclaré Goodman à JTA au début de la semaine.

Les responsables biélorusses avaient promis de protéger les sites appartenant au patrimoine juif en Biélorussie, notamment les cimetières.

L’année dernière, le ministre biélorusse des Affaires étrangères Vladimir Makai et Lesley Weiss, présidente de la commission américaine pour la préservation du patrimoine américain à l’étranger, avaient signé une déclaration conjointe au siège du Congrès juif mondial affirmant que « toutes les parties prendront les démarches appropriées pour protéger et préserver les biens qui représentent le patrimoine culturel de tous les groupes nationaux, religieux ou ethnique résidant ou ayant résidé sur leur territoire. »

Goodman a indiqué que cette situation n’avait fait qu’encourager « plus d’attaques contre les sites du patrimoine juif ».

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, à droite, et son homologue géorgien Giorgi Margvelashvili à Tbilissi, le 23 avril 2015. (Crédit photo : Vano Shlamov/AFP)

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, à droite, et son homologue géorgien Giorgi Margvelashvili à Tbilissi, le 23 avril 2015. (Crédit photo : Vano Shlamov/AFP)

Avant la signature du document, l’association de Goodman avait accusé les autorités biélorusses, sous la gouvernance du président autoritaire Alexandre Loukachenko, d’avoir détruit trois synagogues – une à Luban et deux autres dans la capitale, Minsk – et au moins deux cimetières juifs, en plus de ceux de Gomel et Mozyr.

Les militants locaux « craignent, et c’est compréhensible », de recourir à une plainte devant les tribunaux, explique Goodman, qui a été arrêté et brièvement emprisonné en 2004 en Biélorussie en raison de son militantisme.

« Sous Lukashenko, le patrimoine juif a subi des pertes irréparables », a dit Goodman, qui a ajouté qu’il pourrait faire appel du jugement lundi.

En réponse à la motion portant sur les constructions de Gomel, le bureau chargé de l’urbanisme et des services communaux de la ville a indiqué au tribunal qu’il « n’y a aucune information attestant de la situation du cimetière à cet endroit ».

Cette affirmation est mise en doute par plusieurs historiens, notamment par Evgeny Malikov, qui a écrit au début de l’année dans un rapport que les constructions prévues sont « strictement interdites » également par la loi biélorusse. Lui et Goodman ont par ailleurs accusé les autorités de discrimination envers les Juifs dans ces affaires de construction, montrant plus de sensibilité pour les sépultures chrétiennes.

D’autre part, des individus non identifiés ont détruit 24 pierres tombales dans un cimetière juif en Ukraine.

Eduard Dolinsky, directeur du Comité juif ukrainien, a écrit dans un communiqué que cette profanation a été découverte mardi au cimetière juif de Svaliava, dans l’ouest du pays. L’incident a été rapporté à la police, qui n’a pour le moment trouvé aucun suspect.

Au début du mois, un charnier a été découvert au cours de travaux de construction entrepris à proximité de la ville ukrainienne d’Ivano-Frankivsk. Les locaux auraient initialement ignoré cette découverte car ils auraient supposé que les os étaient ceux de Juifs qui avaient été inhumés dans un cimetière avoisinant, a annoncé la radio Svoboda, mais les travaux ont finalement été interrompus parce que les ossements auraient appartenu à des non Juifs, victimes des purges des autorités communistes.