Un homme ultra-orthodoxe a été arrêté mardi soir, soupçonné de vandalisme. Il aurait noirci les visages de femmes sur plusieurs panneaux d’affichage à Jérusalem.

Le suspect, âgé de 26 ans, a été interrogé dans un poste de police parce qu’il était soupçonné d’avoir vandalisé et endommagé des biens publics.

Une enquête a été ouverte il y a deux semaines à la suite d’un certain nombre d’incidents au cours desquels des panneaux publicitaires portant des visages de femmes ont été vandalisés, a indiqué la police dans un communiqué publié mercredi.

Certains juifs ultra-orthodoxes s’opposent aux photos de femmes dans les lieux publics ou dans les médias pour des raisons de pudeur. Pendant des décennies, il y a eu des incidents répétés d’affiches mettant en scène des femmes défigurées dans la capitale et dans d’autres villes.

Dans certains cas, les dommages ont été causés par de la peinture et dans d’autres, par le vandalisme des panneaux, selon la police.

« Suite à cela, la police a organisé et mené une série d’activités d’infiltration qui ont conduit la nuit dernière à l’arrestation d’un suspect dans le sud de la ville, qui avait en sa possession des bombes de peinture. »

Une affiche publicitaire vandalisée à Jérusalem, le 2 novembre, 2017. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Ynet a rapporté que deux partis municipaux, Hitorerut et Yerushalmim, avaient demandé à la police de trouver l’auteur.

Selon le rapport, le parti Hitorerut a réagi aux faits en couvrant les affiches défigurées avec des photos de femmes célèbres telles que l’ancienne Première ministre Golda Meir et Rosa Parks, une militante afro-américaine des droits civiques.

« Nous ne permettrons pas que de tels phénomènes surgissent à Jérusalem », a déclaré Hitorerut dans un communiqué. « Nous ne permettrons pas aux extrémistes de prendre le contrôle de l’espace public. Les vandales ne peuvent pas l’en empêcher, les femmes continueront à être partout, à avancer et à réussir, dans la politique et les médias, dans les affaires et partout où elles le souhaitent. »

Fleur Hassan-Nahoum, chef du parti Yerushalmim, a déclaré que le vandalisme va au-delà d’un message religieux.

« Ce n’est pas une question de religion, et ce n’est pas lié à la pudeur », a déclaré Hassan-Nahoum. « La défiguration est liée au désir de soustraire les femmes de l’espace public et d’entraîner Jérusalem dans des endroits sombres. »

La bataille des droits des femmes contre les exigences en matière de pudeur de la communauté ultra-orthodoxe s’est également étendue aux transports publics, où des tentatives ont été faites pour forcer la ségrégation sur certaines lignes de bus principalement utilisées par la communauté ultra-orthodoxe.