Le souhait d’un docteur israélien arabe de vivre aux côtés de Juifs dans une commune israélienne dans le nord et une photo controversée postée par son fils ont entraîné une vague de remarques haineuses et racistes de la part de ses futurs voisins.

Le docteur Ali Zoabi a acheté un terrain dans la commune de Nurit il y a 10 ans. Il avait reçu l’approbation du Comité d’examen de la ville, selon la Dixième chaîne.

Zoabi, qui projette de construire sa maison cette année, soigne les enfants de Gan Ner, une commune non loin de Nurit, depuis des décennies. Il est tenu en haute estime par les résidents locaux.

Mais cela ne l’a pas aidé lorsque son fils de 13 ans a posté une photo sur Facebook avec un drapeau palestinien. Un utilisateur de Facebook a vu la photo et l’a repostée sur la page de la commune. Dans le profil du garçon, on a aussi retrouvé une photo d’un manifestant palestinien et une autre d’une main tenant une pierre.

Dans un échange qui a commencé sur Facebook et qui est ensuite déroulé sur Whatsapp – échange révélé par le blog Hottest Place in Hell [l’endroit le plus chaud en enfer] – les futurs voisins à Nurit ont exprimé leur dégoût à l’idée de vivre aux côtés de Zoabi et ont demandé qu’il soit expulsé de la communauté.

Sur la page de la commune sur Facebook, un habitant a immédiatement suggéré que le garçon était probablement l’auteur des croix gammées taguées à l’entrée de la commune de Gan Ner dans le passé. Un autre lui a répondu « un père enseigne à son fils ».

Le discours a escaladé rapidement et on a commencé à demander que Zoabi arrête de soigner les enfants et qu’on « le renvoie à
Gaza ».

Quand ceux qui ont su garder la tête froide ont rappelé que Zoabi est un docteur courtois et respecté qui soigne les enfants juifs depuis des années, les résidents déchaînés ont créé un groupe sur Whatsapp. Seules les personnes qui ont les mêmes opinions qu’eux étaient autorisés à faire partie du groupe. Malgré leurs précautions, leurs discussions ont fuité et ont été publiées sur le blog.

« Tout Arabe qui vivra dans la commune souffrira, et les personnes qui soutiennent les familles arabes aussi », a écrit une personne.
« L’intégration d’une personne arabe est hors de question, même si cela [crée] un tremblement un de terre ».

« J’ai envie de vomir sur [le garçon] et de le brûler avec son drapeau », a écrit un autre.

Un troisième a parlé de la nécessité de faire peur à Zoabi pour l’empêcher de s’installer. Il doit avoir peur « des résidents. Il doit savoir qu’il ne pourra pas dormir tranquillement. Il doit savoir qu’il y a un grand danger [qui le guette] s’il veut élever ses enfants ici », a-t-il clamé.

Beaucoup d’autres habitants ont exprimé leur indignation face aux discours haineux contre Zoabi et les Arabes en général, entraînant une tension dans la petite ville. Les attaquants de Zoabi demandent au Conseil de Nurit de révoquer l’adhésion de Zoabi dans la ville.

La nouvelle ville, qui sera écoresponsable, est construite dans un ancien moshav [une coopérative agricole] et une base de l’armée sur la chaîne de montagne Gilboa en basse-Galilée. Elle accueillera des centaines de familles.

Comme pour toutes les communes israéliennes, les futurs habitants doivent obtenir l’approbation d’un comité d’examen. C’est une pratique controversée mais profondément ancrée entérinée par la loi comme une option pour les communes de moins de 400 habitants.

Zoabi bénéficie du soutien du chef du Conseil local, Danny Atar, et de plusieurs habitants de la commune. Même si beaucoup d’entre eux ont dû mal à montrer leur appui publiquement.

Zoabi a déclaré que lui et son fils ont reçu des menaces. Il est horrifié par la vague de haine que la photo a déchaînée. « Il n’a que 13 ans, donc il est très apeuré », a-t-il expliqué.

Malgré les tumultes, Zoabi affirme qu’il compte toujours construire sa maison à Nurit. Il lance un appel au dialogue à ses futurs voisins. Il explique au blog qu’ « il vaudrait mieux s’asseoir, discuter et apprendre à se connaître, et ne pas continuer à s’agresser mutuellement ».