Une ONG israélienne a lancé lundi une application pour téléphone mobile qui permet de retrouver les vestiges de villages palestiniens détruits lors de la création d’Israël, qui célèbre mardi son 66ème anniversaire, selon le calendrier hébraïque.

L’application « iNakba », en référence à la « Nakba » (catastrophe en arabe), l’exil forcé de 760 000 Palestiniens lors de la création d’Israël en 1948, commémorée le 15 mai, propose une carte interactive ainsi que les photos de bâtiments et maisons palestiniens abandonnés.

« De nombreux Palestiniens ont du mal à localiser leur ville d’origine et leur village car des villes ou des colonies juives ont été construites à leur place », a expliqué à l’AFP Raneen Jeries, une Arabe israélienne de l’ONG Zochrot (se souvenir, en hébreu) l’ONG qui a développé cette application.

« Il y a un dossier pour chacun des centaines de villages ou villes palestiniens et on peut y trouver des informations et y voir des photos anciennes et nouvelles envoyées par des utilisateurs », a-t-elle ajouté.

Zochrot, basé à Tel Aviv, milite en Israël pour la reconnaissance de la « Nakba » et du « droit au retour » des réfugiés palestiniens et de leurs descendants, une éventualité catégoriquement rejetée par les dirigeants israéliens successifs, au nom du caractère « juif et démocratique » d’Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé le 1er mai son intention de soumettre une loi au Parlement pour inscrire constitutionnellement le statut d’Israël comme « Etat national pour le peuple juif ».

En novembre le négociateur palestinien Saeb Erekat avait souhaité que « M. Netanyahu trouve la force de présenter ses excuses au peuple palestinien pour la destruction de 418 villages en 1948 ».

« Notre but est de faire prendre conscience aux Israéliens juifs de la Nakba, qui a déraciné de centaines de milliers de Palestiniens », a ajouté Liat Rosenberg, directrice de Zochrot, reconnaissant que ce sont essentiellement les « Israéliens orientés à gauche qui seront intéressés par l’application ».

Les Palestiniens de la diaspora ne pouvant pas se rendre en Israël pourront de leur côté avoir accès à des informations et des photos de leur localité d’origine.