Le Conseil rabbinique d’Amérique a critiqué le président américain Donald Trump, qui a accusé les contre-manifestants de gauche d’être tout autant responsables que les suprématistes blancs des violences qui ont émaillé un rassemblement d’extrême-droite à Charlottesville, en Virginie.

« Il n’y a pas de comparaison morale », a dit mercredi dans un communiqué le rabbin Elazar Muskin, président de l’organisation orthodoxe centriste.

« Ne pas rejeter sans équivoque la haine et les préjugés est une absence de leadership moral et avive les flammes de l’intolérance et du chauvinisme. »

Les dirigeants du Conseil, qui est affilié à l’Union orthodoxe, ont souligné dans le communiqué que leur organisation ne se mêlait généralement pas de politique. Mais le vice-président du Conseil, le rabbin Mark Dratch, a indiqué que l’organisation rejoignait les Américains de différentes tendances politiques et de différentes origines, ainsi que les politiciens dans leur « appel au président Trump à comprendre les conséquences critiques de ses paroles. »

Alors que la communauté juive américaine a largement critiqué Trump, le président trouvait généralement un soutien important parmi les Orthodoxes modernes, dont beaucoup sont pro-Israël.

L’International Rabbinic Fellowship, une association orthodoxe de gauche, a elle aussi condamné mercredi les comparaisons entre contre-manifestants et suprématistes blancs.

« [Nous] condamnons toutes les fausses équivalences entre la violence des manifestants et des contre-manifestants à Charlottesville, quand de telles équivalences abandonnent les minorités et mettent en danger des populations plus vulnérables aux attaques, et quand elles renforcent des groupes racistes comme le KKK [Ku Klux Klan], les néo-nazis et les suprématistes blancs », a écrit l’organisation dans un communiqué.