Une caméra de réalité virtuelle a été envoyée dans l’espace pour aider à la réalisation d’un documentaire de la chaîne National Geographic. Le documentaire sera dirigé par le réalisateur nominé aux Oscars, Darren Aronofsky, a déclaré Human Eyes, une firme basée en Israël à Neve Ilan et qui a produit la caméra en question.

La caméra sera utilisée par l’astronaute Paolo Nespoli pour des prises de vue en 3D à 360 degrés sur la vie et le travail à bord de la Station spatiale internationale, un projet conjoint USA-Russie-Japon-UE-Canada. Les images seront publiées dans le documentaire intitulé ‘One Strange Rock’.

Pour Human Eyes, le fait de faire partie du projet spatial représente un coup d’éclat majeur sur le marché de la réalité virtuelle, qui fait suite à beaucoup de travail, de recherche, d’essais et d’erreurs.

Créée en 2000, l’entreprise israélienne, qui compte plus de 70 brevets à son actif, s’est d’abord concentrée sur les technologies d’impression et n’a abordé la VR qu’en 2014.

L’idée, a déclaré le PDG de Human Eyes, Shahar Bin-Nun, était de développer une caméra VR capable de faire du travail 3D abordable à haute résolution. Avec un appareil photo VR haut de gamme allant de 15 000 à 60 000 dollars, et un appareil simple coûtant seulement 200 dollars, le modèle Vuze Human Eyes se vend entre 800 dollars et 1 000 dollars. Le Vuze est un appareil photo relativement petit, avec des algorithmes brevetés, la société a déclaré qu’il permet de créer la même qualité 3D en dépit de sa taille compacte.

Le PDG de Human Eyes, Shahar Bin-Nun, qui a développé la caméra Vuze VR (Crédit : Autorisation)

Les caméras VR permettent aux clients de prendre des photos en immersion et des vidéos qui peuvent être visionnées à l’aide de casques. À l’heure actuelle, les caméras 3D sont principalement utilisées par les journalistes et les cinéastes et ne sont pas encore devenues un produit vendu en masse sur le marché.

Le processus de développement n’était pas sans difficulté. Comme beaucoup de caméras 3D, le Vuze a connu des problèmes de surchauffe. Les ingénieurs de Human Eyes ont adapté une solution de refroidissement qui absorbe et redirige la chaleur à travers une plaque de métal stratégiquement placée lui permettant ainsi de fonctionner pendant des heures sans surchauffer. Ce mécanisme est l’une des raisons pour lesquelles la caméra a été sélectionnée pour le voyage spatial, pense Bin-Nun.

Human Eyes a travaillé avec National Geographic afin de développer un modèle unique pour la mission spatiale, qui pourrait être connecté à une source d’énergie basée sur une station spatiale, par opposition aux batteries. A présent, après beaucoup de travail, un morceau de 11,5 centimètres de diamètre de l’éco-système est en orbite autour de la terre.

Bin-Nun a déclaré que l’accord passé avec National Geographic est un « partenariat de contenu », dans lequel Human Eyes autorise l’utilisation de sa technologie gratuitement et reçoit en retour une notoriété accrue.

Les technologies de réalité virtuelle et de réalité augmentée devraient avoir un impact économique de 15,6 milliards de dollars d’ici 2020 pour une taille de marché estimée à environ 215 milliards de dollars, selon la société d’études de marché Statista.

Bin-Nun – dont l’entreprise emploie 33 personnes et 12 autres exclusivement sur Vuze – estime que si VR progresse à pas de géant, des mesures cruciales restent à prendre pour que des produits comme Vuze soient adoptés dans le cadre d’un marché de consommation de masse. La caméra offre actuellement une résolution de 4K par œil – en créant essentiellement un panorama pour chaque œil – et un total de 8K de stockage de données Full HD.

Image promotionnelle de la caméra 3D Vuze développée par Human Eyes, montrant comment elle capture des vues à 360 degrés d’une scène (Crédit : Autorisation)

L’amélioration de la résolution et du débit d’images, ainsi que la réduction des nausées provoquées par les casques d’écoute, sont des problèmes qui n’ont pas encore été définitivement résolus par le marché, bien que Vuze soit sur la bonne voie avec ses améliorations actuelles.

« Cet éco-système avance très vite », a déclaré Bin-Nun. « Mais il reste encore un long chemin à parcourir avant que John Smith de l’Alabama ou David Cohen de Hadera s’emparent de la technologie et l’utilisent telle une application purement destinée aux consommateurs. »