Des milliers d’Israéliens utilisent les médias sociaux ces derniers jours pour demander la vengeance pour le meurtre des trois adolescents juifs qui ont été tués rapidement après avoir été enlevés alors qu’ils faisaient de l’auto-stop en Cisjordanie le 12 juin.

Des slogans anti-arabes inondent le web, et des pages Facebook appelant à la vengeance ont virtuellement réuni beaucoup de partisans en une nuit.

Depuis que les corps des adolescents ont été retrouvés lundi, plus de 32 000 personnes (mercredi après-midi) ont
« aimé » la page Facebook qui
s’intitule : « Le peuple d’Israël exige la vengeance ! ». Sur cette page on peut voir des centaines de photos de personnes tenant des messages demandant la vengeance pour la mort des adolescents et poussant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à ordonner une action militaire massive en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

La campagne n’est pas sans rappeler une campagne similaire en avril, où des milliers de soldats de l’armée ont exprimé leur soutien à un soldat qui a fait face à la critique du public pour avoir pointé son arme sur un adolescent palestinien à Hébron.

Un message publié par les administrateurs du groupe mercredi
explique : « Beaucoup nous demandent si la vengeance signifie tuer des personnes innocentes. Non … Le but de ce groupe est de venger le sang de ceux qui ont été enlevés, Naftali Fraenkel, Gil-ad Shaar et Eyal YIfrach, de mémoire bénie. D’attraper les terroristes qui les ont kidnappés et les ont tués, et se venger ».

Certaines des images postées sur la page semblent être destinées à subvertir ce message en représentant des animaux inoffensifs avec des messages exigeant une vengeance.

Les tensions entre les Juifs et les Arabes ont continué d’augmenter depuis mercredi après que le corps du résident de Jérusalem-Est Muhammad Hussein Abu Khdeir, 16 ans, a été trouvé dans la nuit. Les habitants locaux ont décrit cet acte comme une vengeance pour le meurtre des trois adolescents israéliens : Eyal Yifrach, 19 ans, Gil -ad Shaar, 16 ans, et Naftali Frenkel, 16 ans.

Les médias qui ont rapoorté cet incident ont été accueillis avec un flux de commentaires glorifiant l’assassinat et appelant à de nouvelles rétributions contre les Arabes.

« J’espère que tous les jours nous allons voir plus de corps ! » a commenté une personne.

« Applaudissements à quiconque qui a abattu l’animal malade», écrit un autre.

D’autres ont demandé l’expulsion de tous les Arabes israéliens du pays.

Plus tôt ce mois-ci, le hashtag « trois Shalit », une campagne Internet montrant le soutien populaire pour l’enlèvement des trois adolescents, est apparue en ligne et s’est propagée sur le web comme une traînée de poudre. Les Palestiniens postaient des photos d’eux-mêmes faisant le signe de la victoire avec les mots « trois Shalit » écrits parfois sur leurs mains.

Cette campagne a été critiquée par les Israéliens.

Après les obsèques des trois adolescents israéliens mardi soir, la police de Jérusalem a arrêté au moins 47 manifestants juifs ultranationalistes qui scandaient des slogans anti-arabes et dénonçaient l’absence de réponse du gouvernement.

Les manifestants criaient « Mort aux Arabes » et « Pas d’Arabes, pas d’attentats ». Beaucoup d’autocollants et de chemises exprimaient leur soutien au rabbin ultranationaliste tué Meir Kahane.

La police a déclaré qu’un homme a été arrêté après être entré masqué dans un McDonald’s et qui a essayé d’attaquer un Arabe. Trois autres personnes ont été arrêtées à proximité pour avoir attaqué des Arabes.

Dans la rue piétonne Ben Yehuda, un groupe d’environ 40 adolescents se sont rassemblés autour d’une femme assise devant un restaurant qui leur avait dit de partir, et ont renversé de l’eau sur elle, selon un observateur.

« Un des garçons a craché sur elle, et puis sur moi », raconte Sara Miriam Liben, qui était assise à proximité. L’un des adolescents a cassé un verre sur une table du restaurant.

Il y avait des jeunes filles dans le groupe, ainsi que deux mères marchant derrière les jeunes indisciplinés. L’une des femmes a affirmé aux passants qu’elle était fière du groupe violent.

La marche des manifestants, qui a commencé au Pont de Cordes à l’entrée de la ville et a continué le long de la route de Jaffa au marché Machane Yehuda et jusqu’à la place de Sion, a bloqué la circulation et a brièvement stoppé le tramway de la ville.