Le représentant du Fatah (parti de Mahmoud Abbas), Uri Davis, 74 ans, vient de poser ses valises à Dakar, capitale du Sénégal. Cet homme au profil particulier s’est vu confié une mission particulière par la direction du Fatah : convaincre une dizaine de pays africains de s’opposer à l’octroi à Israël du statut d’observateur.

Un statut qu’Israël, en pleine opération-séduction avec l’Afrique, mais aussi l’Amérique du sud, cherche à obtenir afin d’augmenter ses relations diplomatiques, et inverser le rapport de force, notamment au sein des institutions internationales comme l’ONU.

« Israël devrait être rejeté, pas parce que ce pays s’appelle Israël mais parce que c’est le dernier état à appliquer l’apartheid. Et je mets au défi l’ambassadeur, dans ce pays ou un autre, de me prouver le contraire », a donc expliqué Uru Davis à ses interlocuteurs africains, cité par RFI Afrique.

Uri Davis, qui est depuis 2009 l’un des deux membres juifs avec Ilan Halevi du Conseil du Fatah, appelle également de ses vœux à boycotter à nouveau le futur nouveau sommet Afrique-Israël au Togo.

Ce sommet historique, qui devait réunir 54 pays du continent au sein de la capitale togolaise de Lomé du 23 au 27 octobre, a été reporté « à une date qui sera convenue par les deux pays », a fait savoir un communiqué du ministère des Affaires étrangères. La cause ? Des menaces de boycott émanant des Palestiniens et de plusieurs pays africains.

Ces derniers mois, le Premier ministre s’est embarqué dans un certain nombre de voyages dans des pays qui n’avaient jamais été – ou rarement – visités par des chefs israéliens, comme l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, l’Australie, Singapour, le Rwanda, l’Ethiopie, l’Ouganda et le Liberia.

Sous la devise « Israël retourne en Afrique et l’Afrique retourne en Israël », Netanyahu a déclaré que son initiative diplomatique vers l’Afrique était l’un de ses objectifs prioritaires en termes de politique étrangère.

Offrant aux états africains une aide au développement, la coopération économique et le savoir-faire dans le domaine de l’anti-terrorisme, Netanyahu veut utiliser le soutien du continent pour briser la traditionnelle majorité anti-israélienne dans des organisations internationales telles que l’ONU.