Cent ans après, une chanson pacifiste américaine qui rencontra un grand succès populaire est à nouveau chantée, en Israël cette fois, par des mères arabes et juives qui en ont assez des conflits violents.

« Je n’ai pas élevé mon fils pour qu’il soit un soldat », initialement sortie en 1915 pour exprimer le refus de l’intervention américaine dans la Grande Guerre en Europe, a été reprise et adaptée pour le Moyen-Orient d’aujourd’hui. La nouvelle version de la chanson, traduite de l’anglais vers l’arabe et l’hébreu, est un arrangement musical qui reflètent plus les sons et les rythmes locaux. La chanson est chantée par Shirana, une chorale de Jaffa composée de 18 femmes juives, musulmanes et chrétiennes.

Shirana (un mot englobant les mots hébreu et arabe qui désignent « chanter ») est un programme du centre communautaire arabo-juif de Jaffa, qui a été créé en 1993 pour rassembler les Juifs et les Arabes et les éduquer ensemble à une plus grande compréhension mutuelle. Selon le directeur adjoint du centre, Shira Zaban, l’AJCC est le seul centre communautaire arabo-juif en Israël qui a été fondé sous les auspices municipales, et non par une ONG. Ses programmes sont financés par la municipalité de Tel-Aviv-Jaffa et par des dons.

La chorale existe depuis six ans et donne plusieurs représentations chaque année. Les dernières ont eu lieu au Musée d’Art de Tel-Aviv et lors de la cérémonie alternative israélo-palestinienne de la Journée de la mémoire d’Israël.

Bien que l’interprétation de Shirana de la chanson Pessah Had Gadiya ait rencontré le succès (la vidéo YouTube de leur performance a été vue plus plus de 104 000 fois), « Je n’ai pas élevé mon fils pour qu’il soit un soldat » est le premier clip produit par des professionnels.

La directrice de Shirana, Mika Danny, a choisi la chanson d’Al Pianadosi et d’Alfred Bryan de 1915 pour la vidéo. Le nouvel arrangement de la chanson met l’accent sur le refrain :

« Je n’ai pas élevé mon garçon pour qu’il soit un soldat,

Je l’ai élevé pour qu’il soit ma fierté et ma joie,

Qui ose lui mettre un fusil sur l’épaule,

Pour tirer sur un fils chéri d’une autre mère ?

Laissez les nations régler leurs futurs problèmes,

Il est temps de jeter l’épée et le pistolet au loin,

Il n’y aurait pas de guerre aujourd’hui,

Si les toutes les mères disaient,

Je n’ai pas élevé mon fils pour qu’il soit un soldat. »

« Le choix de cette chanson revêt une grande signification », a déclaré Zaban. Selon elle, le clip est plus une réponse à l’opération Bordure protectrice de l’été dernier qu’une publicité pour la chorale.

« Cette chanson est très humaniste », a-t-elle expliqué. « Il n’est pas important de savoir si nous sommes de gauche ou de droite, ou si nous sommes juives, musulmanes ou chrétiennes. Nous sommes toutes des mères, et nous ne voulons plus que nos garçons meurent. »