Une commission de la Knesset organisera une audition sur l’industrie des options binaires au début du mois prochain, citant l’action « insuffisante » du gouvernement pour réprimer l’industrie largement frauduleuse.

L’audition, organisée par la commission de contrôle de l’Etat de la Knesset, aura lieu à la Knesset le lundi 2 janvier à 11h00, et est ouverte au public à condition de s’inscrire à l’avance.

La commission de Contrôle de l’Etat de la Knesset supervise le travail du contrôleur de l’Etat et est responsable d’auditer et de critiquer la branche exécutive, et d’indiquer les signes de corruption ou de négligence de la bureaucratie gouvernementale.

Par conséquent, elle est généralement présidée par un député de l’opposition. Karine Elharar (Yesh Atid), qui préside actuellement la commission, a déclaré au Times of Israël qu’elle avait décidé de convoquer une audition sur les options binaires après être arrivée à la conclusion que le gouvernement ne répondait pas à l’industrie largement frauduleuse.

« Il y a plusieurs mois, j’ai été approchée et informée du douloureux sujet des options binaires. Après un examen intensif, je suis parvenue à la conclusion que ce que le gouvernement a fait sur ce sujet est insuffisant. »

Elharar a ajouté qu’il « n’est pas acceptable que des individus puissent agir depuis Israël et tromper des personnes dans le monde entier. Ce n’est pas pour rien que les options binaires ont été interdites en Israël [de cibler des clients israéliens], et maintenant nous devons nous assurer qu’il ne sera pas possible de faire cela à des gens dans d’autres pays. »

La présidente de la commission de contrôle de l'Etat, Karin Elharar, lors d'une réunion de la commission de la Knesset, le 8 Juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La présidente de la commission de contrôle de l’Etat, Karin Elharar, lors d’une réunion de la commission de la Knesset, le 8 Juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Elle a par conséquent convoqué la commission pour « garantir que cette activité est arrêtée et que toutes les institutions [juridiques] coordonnent leurs efforts à cette fin. »

Un conseiller d’Elharar a déclaré au Times of Israël que des représentants de l’Autorité des titres israélienne, de la police, du bureau du procureur de l’Etat et du bureau du procureur général avaient été convoqués pour cette audition.

Il a été demandé au Times of Israël, qui expose la vaste fraude des options binaires depuis le mois de mars, d’être présent.

« Nous ferons assoir tout le monde et examinerons ce qui a été fait, ce qui peut encore être fait et, si cela ne peut pas être fait dans le cadre de la loi actuelle, quelle nouvelle législation devra être présentée », a déclaré le conseiller.

L’audition, qui se déroulera en hébreu, durera entre 1h30 et 2h00. Ceux qui souhaitent y assister peuvent s’inscrire ici.

D’autre part, Shmuel Hauser, le président de l’Autorité des titres israélienne (ATI), a prévenu lundi que les opérateurs frauduleux de sites de transaction en ligne vont « payer un prix très élevé » pour leurs crimes.

« Dans l’année écoulée, nous avons commencé à mettre en place notre régulation des plateformes de transaction en ligne, les sites de Forex », a-t-il déclaré.

Le professeur Shmuel Hauser, président de l'Autorité des titres israélienne, à une commission des Finances de la Knesset. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le professeur Shmuel Hauser, président de l’Autorité des titres israélienne, à une commission des Finances de la Knesset. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Vingt-et-une plateformes de transactions en ligne ont demandé une licence à l’ATI, et seulement six ont atteint la dernière étape et reçu une licence, après que nous avons déterminé qu’ils remplissaient nos critères. De plus, nous interdisons totalement la vente d’options binaires à la population israélienne. Dans le monde entier, Les régulateurs tentent de décider quoi faire des options binaires, de décider si c’est une forme légitime de marché ou pas. Nous n’essayons pas de décider. Les options binaires imitent le pari, et nous ne pouvons pas accepter les dégâts qui arrivent aux investisseurs qui investissent avec cet énorme levier. »

« Nous ne pouvons pas non plus accepter ce phénomène immonde de vente agressive de ces produits toxiques au public. Les témoignages que nous recevons sont tout simplement glaçants », a déclaré Hauser.

« Des personnes qui travaillent dur, qui ont économisé chaque shekel afin de pouvoir vieillir avec dignité sont victimes de charlatans cupides qui sucent la moelle de leurs os. Ils prennent tout ce qu’ils ont, et même ce qu’ils n’ont pas, et les laisse sans un sou. Je veux dire ici explicitement que quiconque impliqué dans la vente en ligne qui agit illégitimement et illégalement pour tromper, extorquer et exploiter la population, paiera pour cela un prix élevé. »

Au cours des derniers mois, le Times of Israël a détaillé la fraude massive des entreprises israéliennes d’options binaires, en commençant en mars par un article intitulé « Les loups de Tel Aviv », et a estimé que l’industrie représente plus de 100 entreprises en Israël, dont la plupart sont frauduleuses et emploient diverses ruses pour voler l’argent de leurs clients.

Ces compagnies trompent leurs victimes en leur faisant croire qu’elles proposent des investissements lucratifs à court terme, mais dans l’écrasante majorité des cas, les clients finissent par perdre tout leur argent, ou presque et ce du jour au lendemain. Des milliers d’Israéliens travaillent dans ce domaine, qui aurait arnaqué des milliards de dollars à des victimes du monde entier pendant la dernière décennie.

Le bureau du Premier ministre a condamné en octobre les « pratiques sans scrupule » de l’industrie, et a appelé à son interdiction dans le monde entier.

En novembre, Shmuel Hauser, président de l’Autorité des titres israélienne (ATI), a déclaré au Times of Israël que des consultations avaient commencé sur la formulation d’une loi qui interdirait à toutes les entreprises d’options binaires basées en Israël de cibler n’importe quel individu dans n’importe quel pays. (Il est déjà interdit aux entreprises israéliennes de cibler des Israéliens.) Les consultations ont été étendues au procureur général, Avichai Mandelblit, et au gouvernement, a-t-il déclaré.