Une délégation de haut niveau de l’Autorité palestinienne (AP) se rendra cette semaine aux Etats-Unis pour une série de rencontres qui devraient se concentrer sur le processus de paix avec Israël, qui est dans une impasse depuis deux ans.

La délégation sera dirigée par Saeb Erekat, négociateur palestinien en chef. Majed Faraj, le directeur des renseignements généraux de l’AP, y participera également, a annoncé samedi le site d’informations Ynet.

Les Palestiniens rencontreront plusieurs responsables de l’administration, dont le secrétaire d’Etat John Kerry. Ils devraient également rencontrer des proches du président élu Donald Trump, selon l’article.

Citant des responsables palestiniens et des diplomates occidentaux, le quotidien Haaretz a annoncé samedi que la délégation avait pour objectif de conclure un accord avec l’administration sortante du président Barack Obama, qui empêcherait un veto américain à une résolution condamnant les implantations israéliennes, que l’AP espère faire voter début janvier au Conseil de sécurité des Nations unies.

Selon Haaretz, la résolution devrait être le sujet central de la rencontre de la délégation avec Kerry.

Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l'ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)

Le Conseil de sécurité des Nations unies réuni à l’ONU, à New York, le 22 juillet 2014. (Crédit : Kena Betancur/Getty Images/AFP)

Les Palestiniens veulent faire pression pour qu’une résolution soit votée avant que Trump ne prête serment le 20 janvier, et pendant que la Suède, qui a déjà reconnu un état palestinien, détient la présidence tournante du Conseil de sécurité. Stockholm est favorable à un vote d’une résolution sur les implantations, a annoncé Haaretz.

C’est en 1980 que le Conseil de sécurité a soutenu pour la dernière fois une résolution anti-implantations, pendant la présidence du démocrate Jimmy Carter, qui a récemment appelé Obama à reconnaître l’état de Palestine avant la fin de son mandat.

La visite des Palestiniens est organisée quelques jours après le refus du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’une invitation du président français François Hollande à participer à un sommet de paix avec le président de l’AP Mahmoud Abbas, en marge d’une conférence internationale sur le processus de paix.

Le président français François Hollande (à droite) et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à son arrivée au palais de l'Elysée, à Paris, le 21 juillet 2016. (Crédit : AFP/Pool/Stéphane de Sakutin)

Le président français François Hollande (à droite) et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à son arrivée au palais de l’Elysée, à Paris, le 21 juillet 2016. (Crédit : AFP/Pool/Stéphane de Sakutin)

Abbas et les ministres des Affaires étrangères de presque deux douzaines de pays devraient se réunir à Paris le 21 décembre pour tenter de relancer les efforts de paix.

Netanyahu a déclaré qu’il était prêt à rencontrer Abbas en d’autres circonstances. Israël a rejeté la conférence, déclarant qu’il ne pense pas qu’un rassemblement international soit le moyen de parvenir à la paix, au profit de négociations directes avec les Palestiniens.

La France a fait pression pour une initiative visant à réanimer le processus de paix moribond entre Israéliens et Palestiniens. Alors que les Palestiniens ont salué cette initiative, Israël est resté critique.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, se rencontrent à la Trump Tower de New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Donald Trump, alors candidat républicain à la présidentielle américaine, se rencontrent à la Trump Tower de New York, le 25 septembre 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Les Palestiniens sont également impatients d’évaluer les intentions de la future administration Trump, qui devrait être plus pro-Israël que l’actuelle.

Netanyahu a déclaré à l’émission « 60 Minutes » de CBS, qui doit être diffusée dimanche, que Trump avait « beaucoup d’affection » pour Israël et le peuple juif.

Dans un extrait de l’entretien, le dirigeant israélien déclaré que « je connais Donald Trump. Je le connais très bien […], son soutien à Israël est évident. Il a beaucoup d’affection pour l’Etat juif, pour le peuple juif et pour les juifs. Il n’y a pas de question à ce sujet. »