Une délégation du gouvernement palestinien est arrivée dimanche dans la bande de Gaza pour y évoquer la question des fonctionnaires, pomme de discorde entre le Fatah du président Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle l’enclave.

Les deux mouvements rivaux ont signé un accord de réconciliation au printemps 2014, en vertu duquel un gouvernement d’union a été formé, mais le Hamas rechigne à lui remettre le pouvoir.

« Une quarantaine de responsables gouvernementaux, dont huit ministres, ont traversé le terminal de Beit Hanoun (Erez, côté israélien) pour rejoindre la bande de Gaza », a indiqué à l’AFP un responsable palestinien au point de passage.

Depuis la réconciliation, le Hamas exige que le gouvernement règle les salaires des 50.000 fonctionnaires qu’il avait recrutés depuis sa prise de pouvoir par la force en 2007 pour remplacer les 70.000 employés de l’Autorité palestinienne qui, eux, continuent à percevoir leur salaire.

Le gouvernement s’est engagé à rétablir ces derniers dans leurs fonctions -en mettant à jour leurs listes- ajoutant que les fonctionnaires du Hamas seraient intégrés « selon les besoins ».

« L’enregistrement des fonctionnaires engagés avant 2007 commencera lundi et se finira le 7 mai », a indiqué aux journalistes à Gaza le porte-parole du gouvernement Ehab Bseiso, qui a plaidé pour « l’unité malgré les différends politiques ».

Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas à Gaza, a indiqué de son côté que le gouvernement devait « cesser sa politique de discrimination à l’encontre des fonctionnaires » embauchés par le mouvement terroriste.

Seuls 24.000 fonctionnaires du Hamas ont reçu une indemnisation partielle de 1.200 dollars fin octobre. Le reste, ceux faisant partie des services de sécurité, n’a rien reçu depuis près de 11 mois.

L’autre « priorité » du gouvernement lors de cette visite, a assuré le Premier ministre Rami Hamdallah depuis Ramallah, le siège de l’Autorité en Cisjordanie, sera « la reconstruction de Gaza ».

Durant ces derniers jours, des explosions ont visé des bâtiments officiels, notamment samedi soir le siège de l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), sans faire de victimes.

Aucune de ces attaques n’a été revendiquées mais elles sont, pour les observateurs, des signaux adressés au gouvernement par des mouvements radicaux qui prospèrent sur la crise économique, politique et humanitaire dans laquelle est plongée Gaza, sous un sévère blocus israélien depuis huit ans.