Une députée palestinienne a été condamnée sans procès à six mois de détention par l’administration miliaire israélienne, a indiqué jeudi une ONG palestinienne.

Khalida Jarrar a été arrêtée au début du mois par Israël, qui l’accuse d’être membre d’un mouvement considéré comme une organisation terroriste par l’Etat hébreu. Elle avait été libérée de prison un an auparavant.

Elle s’est vu infliger une peine de six mois de détention administrative, mesure qui permet de maintenir une personne en prison sans jugement pour des périodes de six mois renouvelables, a précisé Addameer, un ONG palestinienne.

Une audience destinée à confirmer cette peine est prévue lundi à la prison militaire israélienne d’Ofer en Cisjordanie, a ajouté l’ONG.

L’armée israélienne n’a pas confirmé ces informations.

Khalida Jarrar est une des dirigeantes en vue du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) une formation se réclamant du marxisme considérée comme une organisation terroriste par Israël, l’Union Européenne et les Etats-Unis.

Plusieurs dirigeants du FPLP sont détenus. Mme Jarrar, 54 ans, avait été libérée en juin 2016 après avoir passé 14 mois en prison pour avoir, selon les autorités israéliennes, encourager des attaques contre Israël.

Israël justifie le recours aux détentions administratives en affirmant que cette mesure permet de détenir des suspects et de recueillir ainsi des preuves contre eux avec comme objectif d’empêcher des attaques.

Mais cette mesure est critiquée par les groupes de défense des droits de l’Homme aussi bien palestiniens qu’étrangers.

Selon le Club des prisonniers palestiniens, environ 6 500 Palestiniens sont actuellement détenus dans une prison israélienne, dont environ 500 en détention administrative.

L’incarcération de Mme Jarrar porte à onze le nombre de membres du Parlement palestinien – largement inopérant puisqu’il ne s’est plus réuni depuis 2007 – actuellement détenus dans les prison israéliennes.